Unité paysagère

Les Terrasses du Frontonnais

Territoire singulier de la Haute-Garonne, de par son occupation du sol spécifique à ce terroir particulier, constitué de sols relativement pauvres propices à la viticulture et à l’arboriculture fruitière, les Terrasses du Frontonnais se localisent au nord du département.

identité paysagère

Les éléments de paysages

qui construisent l'identité paysagère de l'unité

  • Structure paysagère
  • Éléments paysagers
  • Motifs paysagers

Délimitée à l’ouest par la Garonne et à l’est par les collines du Lauragais, cette unité paysagère se situe entre deux vallées parallèles mais différentes : celle du Girou au sud, et celle du Tarn au nord.

Elle se poursuit au-delà des limites du département, en débordant sur le Tarn-et-Garonne où cette unité se dénomme « La terrasse Haute du Frontonnais ».

La dénomination proposée pour l’Atlas des paysages de Haute-Garonne parle des Terrasses du Frontonnais (au pluriel), du fait du système de terrasses alluviales qui les composent.

Celles-ci s’étagent depuis la basse plaine du Tarn jusqu’aux doux reliefs des coteaux du Girou, marquant la frontière visuelle de cette unité paysagère.

Ce système de plateaux étagés se compose :

  • D’une terrasse inférieure majoritairement occupée de parcelles agricoles et en moindre mesure, de parcelles viticoles principalement concentrées non loin de Fronton, ou consacrées à l’arboriculture fruitière.
  • D’une terrasse supérieure accueillant des zones d’habitat, commerciales ou d’activités, et une mosaïque de milieux : vigne, cultures céréalières, prairies, vergers et boisements (dont la forêt de Buzet).
  • De microreliefs nommés les coteaux du Girou : les villages y sont implantés sur les hauteurs, les boisements en fond de vallon, et les surfaces agricoles se répartissent sur l’espace disponible.

Les Terrasses offrent des points de vue lointains sur un paysage varié et qui se distingue par la présence de son vignoble.

Caractérisation des paysages

  • Une ville principale implantée en plaine, et entourée de son vignoble.
  • Des villages groupés sur les hauteurs des microreliefs.
  • Des fermes et/ou habitations regroupées en hameaux disséminés en zone de crête ou au cœur de la mosaïque agricole des terrasses.
  • Des parcelles agricoles de petite (terrasses) ou moyenne (microreliefs) taille, d’occupations diverses : prairies de fauche ou de pâture, grandes cultures, vignes, vergers.
  • Des boisements de feuillus de tailles diverses, répartis dans les fonds de vallon ou de manière résiduelle au sein du système de parcelles agricoles. La vaste forêt de Buzet est quant à elle implantée sur un plateau et sur le talus de la terrasse supérieure.
  • Un réseau hydrographique homogène mais de faible ampleur, essentiellement marqué par le cortège végétal qui l’accompagne.

Palette de couleurs, reflets de diversité

  • Les différentes nuances de rouge de la brique et des tuiles
  • Le jaune d’or des épis de blé
  • Le vert intense des vignes
  • Les différentes déclinaisons de verts des cultures, prairies et vergers
  • Le vert foncé des boisements
  • Le marron des sols nus labourés
  • Le gris des galets de Garonne
terrfront-bloc diagramme
Plateau couvert de parcelles viticoles
Prairies de fauche parmi lesquelles s’interca lent des parcelles boisées
Des boisements de feuillus morcelés
Exit full screenEnter Full screen
Motifs paysagers - TF
Les parcelles de vignes implantées sur les terrasses alluviales
Les microreliefs des coteaux du Girou en fond de plan
Domaine viticole à l’entrée soignée
L’habitat dispersé le long des axes routiers départementaux
Le village historique groupé sur les hauteurs des micro-reliefs
Exit full screenEnter Full screen

CE QUI FAIT PAYSAGE - LE SOCLE SUPPORT

Sols, relief, eau & végétation​

Identification des caractères physiques de l'unité

  • Géologie
  • Géomorphologie
  • Hydrographie
  • éléments de nature

Le territoire du Frontonnais s’explique par ses formations géologiques particulières, organisées en terrasses alluviales composées de galets, graviers et sables riches en silice, dont les altitudes et les âges sont croissants, et reposant sur la molasse.

  • La terrasse inférieure est née au quaternaire des dépôts d’alluvions charriées par les eaux du Tarn et de ses affluents. Ces dépôts sédimentaires sont présents en surface sous la forme de boulbènes.

En dessous, les limons présentent parfois une couleur rougeâtre liée à la présence d’un hydroxyde de fer se formant dans les rougets. Le sous-sol est constitué de galets et graviers quartzeux, formant une couche appelée grepp, imperméable selon son compactage.

  • La terrasse supérieure présente une composition similaire à ceci près que l’épaisseur des dépôts alluvionnaires est plus importante.

Les cailloutis ont une composition analogue à celle de la terrasse supérieure.

La composition de ces sols en explique l’occupation agricole du fait de la présence de couches de grepp proches de la surface et très compactes, qui compliquent le travail du sol nécessaire aux cultures céréalières.

Ceci associé au lessivage des horizons supérieurs conduit à l’appauvrissement des terres et explique la forte implantation de parcelles viticoles ou fruitières, réputées pour leur préférence pour les sols pauvres.

La cohabitation de trois types de sols (les boulbènes, les rougets et les graves) se traduit par la présence d’une mosaïque de parcelles aux occupations diverses.

La morphologie du Frontonnais est dépendante des vallées bordant l’unité, en particulier celle du Tarn, dont la rivière a creusé la vallée et déposé des alluvions, modelant ainsi ce paysage en un système de terrasses alluviales séparées par des talus caillouteux.

Deux terrasses planes, s’étagent et présentent une composition alluvionnaire identique, se différenciant par le degré d’évolution et de dégradation des alluvions.

Ces terrains lessivés présentent des traces d’hydromorphie en raison d’horizons argileux. Le lessivage de l’horizon supérieur laisse en surface des sables fins acides.

Ces sols pauvres ont favorisé le développement de cultures peu présentes à l’échelle de la Haute-Garonne (viticulture et arboriculture fruitière).

  • La terrasse inférieure, à l’altitude comprise entre 100 et 120 m, peu bâtie, est occupée de parcelles agricoles, viticoles ou fruitières.
  • La terrasse supérieure, aux altitudes évoluant entre 150 et 160 m, est celle qui intègre le plus de parcelles viticoles et la plus grande diversité de cultures.

Enfin, les microreliefs variant de 180 m à plus de 225 m d’altitude, se constituent d’affleurements molassiques faits d’une succession de talwegs et de petits reliefs.

Au fond des talwegs, où se développe la ripisylve des cours d’eau ou des boisements résiduels, se trouvent des sols hydromorphes.

Sur les versants sud-ouest, des sols argilo-calcaires érodés sont en place ; le versant nord-est est lessivé et argileux. Les cultures céréalières et les prairies se sont développées sur ces versants.

Orienté selon un axe nord-est / sud-ouest, le réseau hydrographique de l’unité est réparti de manière homogène et se compose de deux sous-ensembles principaux : les affluents du Tarn et les affluents du Girou, séparés par une ligne de crête transversale.

Si les Terrasses sont bien irriguées, le réseau hydrographique n’en est pas moins souvent imperceptible.

Une grande partie de ces cours d’eau se constitue de rus très minces qui restent quasi invisibles mais qui se repèrent par la ripisylve qui longe leurs cours sinueux.

Excepté à Fronton où le ruisseau traverse le village, la plupart des cours d’eau s’insère dans des paysages agricoles ou en limite de zones bâties.

Cette répartition explique que peu les mises en valeur réalisées.

Trois typologies de cours d’eau

  • Le ru : mince et quasi imperceptible, il correspond à une faible dépression recueillant et acheminant les eaux de pluie vers un cours d’eau plus important. Sa ripisylve est de l’ordre de la haie ;
  • Le ruisseau en zone agricole : de plus grande largeur et de profil encaissé, il se distingue par des ouvrages de traversée permettant de détecter sa présence. Même s’il est fréquent d’observer la surface de l’eau, ce type de ruisseau se lit par le cortège végétal ;
  • Le ruisseau en zone urbanisée : peu représenté sur l’unité, il se caractérise par un profil fortement encaissé, stabilisé par des enrochements ;

La trame bleue des Terrasses du Frontonnais inclue également diverses retenues d’eau à usage récréatif ou agricole pour l’irrigation des cultures.

Essentiellement agricole, le Frontonnais offre un couvert boisé réduit mais qui marque le paysage. Ces boisements sont limités aux abords des cours d’eau et sur les reliefs les plus pentus.

Deux secteurs sont marqués par un couvert végétal naturel dominant :

  • La forêt de Buzet, espace naturel sensible d’environ 1 000 ha et où domine un couvert de feuillus. Quelques boisements de résineux y sont visibles. Au niveau faunistique, les boisements associés à des milieux humides sont très favorables aux batraciens inféodés aux milieux forestiers. Cette forêt est dominée par les taillis mais certains secteurs en futaie sont intéressants pour l’avifaune et les insectes saproxyliques.
  • Les pelouses et landes thermophiles, associées à des prairies : il s’agit de mosaïques de milieux ouverts (friches, prairies naturelles, pelouses, landes arbustives) accompagnés de formations arborées (haies, ripisylves bordant les ruisseaux, lisières de parcelles), très favorables aux oiseaux. Au niveau floristique, ces milieux ouverts sont remarquables.

Les secteurs aux enjeux écologiques les plus importants sont concernés par des périmètres d’inventaires tels que les ZNIEFF et l’inventaire des Zones Humides.

Il s’agit pour l’essentiel de la Forêt de Buzet, des zones de milieux ouverts, des petits cours d’eau et zones humides éparses.

Cette unité paysagère ne renferme aucun périmètre de protection des enjeux écologiques (site Natura 2000, Arrêté de Protection de Biotope, réserve, …).

CE QUI FAIT PAYSAGE - LES ACTIONS DE L'HOMME

Activités économiques, infrastructures, bâti & architecture ​

Qualification des marqueurs d'anthropisation du territoire

  • Pratiques et Usages
  • Infrastructures
  • Formes urbaines
  • Caractères architecturaux
  • Patrimoine

L’agriculture

Ce territoire agricole fait état d’une grande diversité de productions. Les grandes cultures sont les plus représentées, et notamment le blé. Soja, maïs et colza complètent cet assolement dans une moindre mesure. Vient ensuite la vigne, dont les parcelles s’étalent sur 20 communes autour de Fronton. Ce vignoble, unique dans le département, marque les paysages de ces lignes régulières. L’arboriculture fruitière, là aussi plus développée que sur les autres unités, concerne principalement la production de pommes, de prunes, de pêches et de fraises. Prairies de fauche ou pâturées apportent des milieux ouverts.
Ces occupations du sol se répartissent différemment : prairies, grandes cultures, arboriculture, et quelques parcelles de vignes sur la terrasse inférieure ; vignes, grandes cultures, prairies, arboriculture sur la terrasse supérieure ; grandes cultures et prairies sur les micro-reliefs. Les parcelles sont de petite taille sur les micro-reliefs pour s’adapter aux différences d’altimétrie, et de taille hétérogène sur les terrasses alluviales (petite à moyenne).

Les haies se trouvent plutôt dans la zone de microreliefs, suivant le cours des multiples cours d’eau s’écoulant au creux des talwegs. La trame arborée liée à l’activité agricole inclut également les alignements d’arbres qui marquent l’entrée de domaines viticoles.
Le bâti agricole est limité, et concerne principalement des hangars, remises ou chais, dont l’intérêt architectural est variable (constructions traditionnelles en brique ou à l’inverse hangars en tôle).

L’habitat

La relative proximité de Toulouse est un facteur de pression urbaine sur les villes et villages qui s’étalent à partir de leur centre-ancien.

La densité bâtie demeure pour l’instant raisonnée, mais ces zones urbanisées mitent les terres agricoles et morcellent l’espace.

Le bâti lié à l’habitat présente différentes typologies à savoir des constructions traditionnelles en briques dans les centres anciens, des quartiers pavillonnaires à l’architecture plus récente en périphérie et l’habitat rural.

Le tourisme

L’activité touristique gravite autour de l’activité viticole avec la Maison des Vins, la route des vins, ou les randonnées à pied ou à vélo au cœur du vignoble.

Les activités équestres sont également visibles dans le paysage.

Les activités et commerces

Les zones d’activités, plutôt de petite taille, se multiplient en périphérie des villes et des villages.

Cette typologie de bâti est constituée de bâtiments simples aux matériaux peu qualitatifs, propres à banaliser les paysages. Certains villages sont malgré tout épargnés, notamment à l’extrémité ouest de l’unité.

Croquis US - TF
Occupation urbaine
Habitations le long des axes routiers
Habitat dispersé au sein des parcelles agricoles
Les zones d’activités à l’écart des villages
Bâti agricole
Les extensions pavillonnaires
Exit full screenEnter Full screen

L’unité apparait bien maillée du point de vue des voies routières, avec une répartition homogène de routes départementales convergeant vers les villages et constituant un réseau en étoile les reliant les uns aux autres.

Quatre axes principaux

Orientés selon un axe nord-est / sud-ouest, soit de manière perpendiculaire aux terrasses :

  • à l’extrémité ouest de l’UP, l’A62 entre Toulouse et Montauban permet de rallier rapidement Toulouse ;
  • au sud-est de l’UP, l’A68 entre Albi et Toulouse traverse l’UP dans sa portion la plus étroite ;
  • la D888 dessert la ville de Montastruc-la-Conseillère ;
  • au centre, la D14 relie les 2 centralités externes à l’UP que sont Villemur-sur-Tarn et Toulouse.

Le tropisme de ces voies vers Toulouse explique la création de multiples aires de covoiturage, de manière à désengorger les pénétrantes de l’aire toulousaine.

Ces routes sont le plus souvent rectilignes, à l’exception de rares portions qui conduisent aux villages perchés sur des reliefs, et ne sont pas bordées d’alignements d’arbres.

Elles sont en revanche longées par des fossés qui assurent la transition avec les parcelles agricoles, les prairies ou les pavillons implantés le long de ces axes.

Les vues sont ainsi le plus souvent dégagées car il existe peu d’obstacles visuels, excepté lorsqu’un boisement s’insère en rive.

De même des fossés bordés de haies vives, qui interrompent les perceptions visuelles.

Sur la partie des microreliefs culminants, les voiries sont alors implantées en crête, faisant bénéficier l’automobiliste de vues sur les vallons de part et d’autre.

Le transport ferroviaire avec la voie Toulouse-Albi ne comprend qu’une seule gare au sein de l’unité, mais est cependant complété par les gares de Montauban (82) et de Saint-Sulpice-la-Pointe (81) dont la proximité influence le trafic et le développement urbain de l’unité.

L’habitat est regroupé en villages localisés sur les zones de microreliefs auxquels s’ajoutent quelques hameaux le long des axes de communication.

La majorité des villages est implantée en position haute.

Cette position dominante est toute relative puisque le relief est peu prononcé et que la succession de microreliefs ne permet pas toujours d’offrir une vue lointaine.

Parmi ces villages, il existe plusieurs bastides organisées autour d’une place centrale de forme rectangulaire, à partir de laquelle s’ordonnent des îlots limités par des rues se croisant à angles droits.

Typiques du Sud-Ouest, ces villages furent construits ou réaménagés selon un véritable plan d’urbanisme orthogonal, s’adaptant à la configuration du terrain et/ou aux bâtiments existants, ce qui explique la diversité présente au sein de cette forme d’habitat.

D’autres villages se sont constitués de manière circulaire autour de l’église, les maisons se construisant par la suite à flanc de colline jusqu’à en atteindre plus récemment les parties basses.

Il existe une très grande variété d’habitats adaptés à leurs contraintes physiques.

Bien que l’habitat soit majoritairement groupé en villages, il en existe malgré tout une part importante dispersée le long d’axes routiers départementaux ou au cœur de la mosaïque agricole et boisée.

Cette forme d’habitat contribue au mitage de l’espace agricole.

Cette urbanisation hors des centre-bourg obéit à une logique topographique, les habitations étant le plus souvent bâties au sommet de ces microreliefs.

Révélatrices des ressources locales, les constructions traditionnelles recourent à deux matériaux principaux : la brique cuite ou crue et le galet roulé, les deux étant souvent associés, produisant des ornementations particulières.

Ces matériaux témoignent de la composition du sol riche en argile. S’ajoute ensuite le bois des maisons à colombages, que l’on peut encore rencontrer dans certains bourgs anciens.

La maison carrée

On peut la rencontrer aussi bien en façade sur rue que de façon isolée au sein d’espaces agricoles.

La maison carrée est un bâtiment de type bourgeois et se compose d’un volume principal éponyme, parfois complété d’annexes agricoles.

La façade principale, plus ou moins ornementée est percée d’ouvertures disposées de manière régulière, soulignées par un encadrement soigné constitué de briques dont la teinte contraste avec celle de la façade.

La réinterprétation contemporaine du bâti traditionnel

Peu d’exemples de constructions récentes intégrant les caractéristiques du bâti traditionnel sont visibles, les constructions nouvelles se bornant à réutiliser les teintes typiques du Midi Toulousain et les tuiles canal.

Toutefois, certains exemples démontrent qu’il est possible de réintégrer des éléments représentatifs de l’architecture locale, à l’image des encadrements en briques, du volume carré de la bâtisse, de la présence d’une corniche, de la symétrie des ouvertures.

Certains habitants ont aussi pris le parti d’intégrer à leur habitation un profil similaire à celui des pigeonniers du secteur.

Les édifices religieux

Deux types d’églises cohabitent sur le territoire de l’unité.

 

  • Les plus répandues, les églises à clocher-mur à pignon se caractérisent par un mur intégrant sur le même plan un clocher dont la crête se termine en triangle percé de 2 à 6 baies accueillant les cloches. Quelques motifs d’ornementations, tels que des rétrécissements, permettent de rompre la rigidité du pignon.
  • Les églises à clocher-tour, souvent de base octogonale, (plus rarement carrée), sont peu représentées sur cette unité paysagère.

Tout comme les autres édifices, les églises, chapelles et oratoires sont construits à l’aide des matériaux locaux que sont la brique et le galet.

Les pressoirs

Témoignage du passé propre à cette unité paysagère, du fait de l’activité viticole qui y est localisée, le pressoir est malgré tout assez rare et intervient aujourd’hui plutôt comme un élément pastiche, qui n’est pas particulièrement mis en valeur et parfois déconnecté de son environnement.

Les pigeonniers

Communément répandu dans les régions de Toulouse et de Montauban, le pigeonnier, et en particulier celui de type « pied de mulet », constitue un élément de patrimoine dont la silhouette caractéristique, isolée ou bien intégrée à un corps d’habitation s’affirme comme un point de repère dans le paysage.

Construits comme bon nombre d’autres constructions à l’aide de matériaux locaux (toiture en tuiles canal, façades en brique foraine parfois enduites, appareillage briques/galets), ces pigeonniers de profil parallélépipédique se composent en général d’un double-toit et d‘une contremarche pour l’envol des pigeons.

Les protections

Si les pressoirs comme les pigeonniers ne bénéficient pas de protections particulières au regard de leur valeur patrimoniale, il n’en va pas de même pour les quatre monuments inscrits au titre des Monuments Historiques présents dans l’unité.

Aucun site classé ou inscrit, périmètre UNESCO ou SPR n’est à mentionner sur le périmètre de l’unité paysagère.

LES PAYSAGES VÉCUS

Caractérisation des représentations sociales

& des systèmes de valeur associés par les populations à un paysage

Les perceptions sur les paysages ont été recueillies auprès des habitants du département à l’occasion d’une enquête en ligne spécifique.

La synthèse présentée ci-après évoque des lieux et paysages hors de l’unité paysagère, mais cités par ses habitants. Le paysage vécu englobe bien souvent les paysages limitrophes. Les perceptions recueillies auprès des habitants des territoires du département ne peuvent donc être traduites avec la même sectorisation que celle des unités paysagères.

Villemur-sur-Tarn et Fronton apparaissent comme les lieux incontournables du Frontonnais

Le paysage se construit autour de ces villes emblématiques et des vignobles.

D’autres lieux historiques comme la Tour Papou de Villemur ou bien le château de Bonrepos sont évoqués.

« La Maison des vins de Fronton, Villemur-sur-Tarn, Grenade-sur-Garonne, les forêts de Bouconne et de Buzet… Lieux emblématiques de mon territoire vécu. » (Habitante, Montastruc-la-Conseillère)

Lieux intimes

L’évocation de Toulouse et de son architecture ouvre vers le sud du département et, tout doucement, les lieux intimes parcourent l’ensemble du territoire départemental : du lac du Laragou à celui de Revel, du lac de Balerme à Montréjeau, en passant par Salies du Salat…

L’augmentation de la population des dernières années et les impacts paysagers qui en découlent : densification des constructions et de la circulation routière, sont les premiers éléments mis en avant pour expliquer ce sentiment de dégradation par plus de la moitié des participants à l’enquête.

Bien que des efforts soient reconnus au niveau des collectivités, pour développer les mobilités douces et améliorer la gestion des déchets, ils ne semblent pas suffisants pour inverser ce ressenti.

Dynamiques paysagères

Transformations des paysages

marqueurs d'évolution & identification

  • Facteurs d'évolution
  • Transformations identifiées
  • Dynamiques paysagères
  • Enjeux & cibles d'action

L’analyse diachronique permet de révéler les évolutions d’un territoire.

La carte d’Etat-major montre un territoire essentiellement agricole, à forte dominante viticole. Les vignes se concentraient autour de Fronton mais se dispersaient bien au-delà, sur les terrasses mais également sur les microreliefs (parcelles grises sur la carte). a viticulture a depuis lors considérablement régressé, avec un vignoble qui se concentre autour de Fronton, sur des surfaces plus restreintes.

La seconde évolution majeure réside dans le développement des boisements. Ils se sont fortement étendus, corollaire du déclin de l’activité agricole, et se disséminent en parcelles plus ou moins vastes.

Ces boisements que l’on rencontrait alors très peu, à l’exception de la forêt de Buzet, constituent aujourd’hui des filtres visuels qui, s’ils contribuent parfois à masquer des activités anthropiques (ZA, parc photovoltaïques…), peuvent aussi obstruer des perspectives lointaines, sur la vallée du Tarn notamment.

L’occupation bâtie était, comme aujourd’hui, structurée au nord de l’unité paysagère avec la ville de Fronton, complétée dans une moindre mesure par le noyau urbain de Montastruc-la-Conseillère.

Cette carte illustre parfaitement, pour les villages des microreliefs, l’implantation bâtie en position dominante, à l’inverse du développement urbain contemporain, qui colonise pentes et bas de versants.

Les atouts

  • Un vignoble reconnu par une Appellation d’Origine Contrôlée.
  • La proximité de l’agglomération toulousaine.
  • Un cadre paysager encore rural.

Les fragilités

  • Exposition aux risques : risque de sécheresse, sensibilité faible à moyenne de glissements de terrain ou d’éboulements, existence de zones bâties (faible emprise) en zone inondable, industriel.

Les politiques d’aménagement et de gestion

Il y a dans la préservation des sites et des paysages des mesures de protection et de gestion. Les protections (site classé, monument historique…) reconnaissent la valeur patrimoniale d’un site, d’un bâtiment et prennent les dispositions pour leur conservation. D’autres espaces sont soumis à réglementation, notamment au sein du réseau Natura 2000. Les projets d’aménagements concernés par ces périmètres font l’objet de dispositions réglementaires spécifiques. Plus largement, en regard des évolutions identifiées, l’atlas formalise les objectifs de préservation et de valorisation de tous les paysages.

Concernant les espaces naturels, la forêt de Buzet a fait l’objet d’une mise en valeur par la formalisation d’un Espace Naturel Sensible. Si ce périmètre a vocation à préserver la qualité du site, il a aussi pour objectif l’ouverture au public. Le développement de nouveaux usages doit ainsi être maîtrisé pour pérenniser la qualité des milieux. A noter que cette politique d’aménagement est portée exclusivement par le Conseil Départemental de Haute-Garonne.

Le graphique exprime les dynamiques paysagères et urbaines de l’unité paysagère, entre 1950 et aujourd’hui.

Il rend compte d’une manière synthétique des évolutions ayant un impact sur les paysages de l’unité paysagère.

Le gradient attribué à chaque item est le fruit d’une analyse quantitative, issue d’observations de terrain, d’analyse de données et d’étude de cartographies.

Les dynamiques paysagères entre 1950 et 2021

L’analyse de l’évolution des paysages des Terrasses du Frontonnais révèle d’importants changements, liés en particulier aux phénomènes d’urbanisation (les plus visibles de par la prégnance des nouvelles constructions) et à l’activité agricole.

Pour ce territoire essentiellement dévolu à l’agriculture, il apparaît évident que la modernisation des pratiques agricoles ait eu des conséquences majeures sur les paysages.

D’une mosaïque d’occupations du sol (cultures, prairies, viticulture, arboriculture, maraîchage…) réparties en de petites parcelles sur l’ensemble de l’unité paysagère, représentatifs d’un système de polyculture, on est parvenu à une spécialisation des productions.

Le vignoble s’est fortement réduit et se concentre autour de Fronton, la diversité des cultures s’est affaiblie et celles-ci s’appréhendent désormais par de vastes étendues, même si les parcelles viticoles en elle-même restent de dimension mesurée.

Aussi, bien que le Frontonnais conserve un grand nombre de productions agricoles, le ressenti n’est plus aussi riche qu’auparavant, car le regard n’embrasse plus autant d’éléments distincts.

Les transformations induites par les dynamiques urbaines, en artificialisant les sols (agricoles la plupart du temps) sont plus marquantes encore. Les villages ruraux, jusqu’alors de taille modeste, ont vu leur emprise s’étendre très largement avec la naissance de quartiers pavillonnaires, pour beaucoup déconnectés du bourg initial.

Les formes urbaines ont ainsi évolué : de l’habitat resserré des centre-bourg implantés en position haute, on tend de plus en plus vers des ensembles bâtis diffus, implantés à partir des axes, sur les pentes des coteaux et même à leurs pieds.

Ainsi, les évolutions des paysages des Terrasses du Frontonnais se traduisent principalement par :

  • La moindre diversité de productions agricoles et la réduction des surfaces viticoles.
  • La diffusion de l’habitat le long des axes, sur les coteaux, en zone de plaine…en discontinuité du centre historique.
  • La multiplication de petites zones d’activités.
  • La réduction du maillage bocager.

Dynamiques urbaines

L’explosion démographique des Terrasses du Frontonnais entre 1950 et aujourd’hui a bouleversé les paysages, en transformant des villages ruraux en villes péri-urbaines.

Initialement implantés en sommet des microreliefs pour la plupart, ou sur la terrasse supérieure pour deux autres, la pression urbaine liée à la proximité de l’agglomération toulousaine a conduit à la prolifération de l’habitat individuel, y compris sur les coteaux ou en bas de pente.

Ces implantations en contradiction avec la trame urbaine historique, associées à des formes architecturales standardisées s’imposent dans les perspectives, depuis les reliefs alentours.

Les extensions urbaines

  • Diffusion importante de la tâche urbaine, avec la création de quartiers pavillonnaires à partir des axes viaires rayonnant depuis le centre-bourg : ensembles résidentiels plus ou moins déconnectés des centres anciens. Forte artificialisation d’espace agricole.
  • Tendance récente à la densification, limitant l’artificialisation de terres agricoles : comblement des interstices, constructions d’habitat collectif bas, lotissement au tissu plus resserré.

Évolution des formes urbaines et caractères architecturaux

  • De pair avec les quartiers pavillonnaires, apparition de formes banalisées, au tissu diffus, loin de la trame resserrée des villages historiques.
  • Des nouvelles formes urbaines implantées sur les pentes des coteaux ou au pied, en contradiction avec la trame urbaine historique, et qui perturbent la lisibilité de la silhouette des villages.
  • Banalisation des formes architecturales : répétition de constructions neuves sur un modèle identique et étranger aux caractères architecturaux traditionnels (enduits blancs, ouvertures ou toitures anthracites, toitures plates…).

Dynamiques des milieux NATURELS

Dans ce territoire malgré tout à dominante agricole, les dynamiques associées aux milieux naturels sont intimement liées aux pratiques agricoles et à leur évolution.

  • Perte d’habitats naturels avec la diffusion de l’habitat et des activités (très modérée)
  • Perte de biodiversité par suppression des haies (agrandissement des parcelles agricole). Tendance aujourd’hui inversée avec un retour des haies (renaturation)

Dynamiques agricoles

Le Frontonnais reste un des territoires les plus diversifiés en termes de productions, mais la spécialisation affecte malgré tout la diversité des cultures. L’augmentation des surfaces boisées, et surtout l’artificialisation des sols par l’urbanisation résidentielle, montrent un recul de l’activité agricole.

Regroupement parcellaire

  • Augmentation de la taille des parcelles pour améliorer le rendement et la productivité, en particulier sur les terrasses.

Évolution des pratiques

  • Irrigation des cultures, notamment du maïs : rampes d’irrigation et canons d’arrosage, conséquence à la fois visuelle et sonore ; retenues d’eau.
  • Construction de bâtiments d’exploitation contemporains (bâtiments d’élevage en tôle, hangars, cuves en inox) parfois prégnants dans les vues rapprochées.
  • Réduction drastique des surfaces viticoles (plus de 50% entre 1960 et 2000) en particulier autour du cœur de l’appellation. Création d’une AOC, reconnaissant l’amélioration de la qualité des vins produits.

Enfrichement des terres

  • L’enfrichement de certaines parcelles témoigne de l’abandon de terres agricoles, aboutissant à la fermeture des milieux.

Évolution du maillage bocager

  • Réduction drastique du linéaire de haies mais tendance actuelle à la replantation.

Dynamiques économiques

La construction de deux autoroutes traversant l’unité paysagère n’a pas induit la formation de vastes zones d’activités, malgré la présence d’un échangeur, comme cela a pu être le cas sur d’autres secteurs du département. On assiste plutôt à la multiplication de petites étendues disséminées au sein de l’unité paysagère.

Développement des infrastructures de transport et des équipements

  • Création d’infrastructures de déplacement majeures (A62, A68) qui interceptent l’unité paysagère.
  • Développement de zones d’activités de petite taille en entrées de ville (Fronton, Montastruc-la-Conseillère, Villaudric) ou à l’écart des zones d’habitat le long des axes départementaux (Bouloc, Vacquiers, Montjoire) : traitement plus ou moins qualitatif des abords, perte de lisibilité (accumulation d’enseignes et de panneaux publicitaires, absence de qualité architecturale), visibilité depuis les microreliefs culminants.

Développement des énergies renouvelables

  • Deux parcs photovoltaïques (Bouloc, Villeneuve-lès-Bouloc) en service : le premier est cerné de boisements, le second est situé à l’emplacement d’un ancien site d’enfouissement.
  • Existence de zones théoriques favorables à la production d’énergie solaire et éolienne : vigilance quant à la préservation des paysages (perspective depuis les microreliefs notamment) et à la transformation de terres agricoles.

Des ateliers territoriaux participatifs ont été l’occasion d’écouter les habitants et de recueillir leurs souhaits d’évolution de leurs paysages du quotidien sous 20 ans. Débattues au cours des ateliers, ces attentes constituent des cibles d’action.

Agriculture

  • Promouvoir une agriculture diversifiée et à taille humaine.
  • Développement des circuits courts et d’une agriculture de proximité.
  • Intégration du bâti agricole.
  • Favoriser les cultures adaptées au réchauffement climatique.
  • Préserver les terres agricoles.
  • Replanter des haies
  • Maintenir les paysages viticoles identitaires

Milieux naturels

  • Maintien des corridors écologiques, des boisements, des prairies.
  • Renaturer les cours d’eau.
  • Préserver les sols.

Infrastructures

  • Enterrer les lignes électriques.
  • Limiter la multiplication des panneaux solaires et des éoliennes, mieux intégrer ces énergies renouvelables.

Villages

  • Préserver l’architecture, l’identité et la forme des villages.
  • Entretenir et restaurer le bâti traditionnel, comme le patrimoine culturel et architectural marquant.
  • Grands lotissements à éviter.

Urbain

  • Encadrer les nouvelles constructions et réglementer leur aspect pour qu’il soit en harmonie avec les caractères locaux.
  • Limiter l’artificialisation des sols.
Bloc Diag - TF
Les extensions urbaines, habitat et activités
Maintien de coupures à l'urbanisation.
Développement d'une urbanisation compacte autour des espaces bâtis existants pour ne pas diluer la tâche urbaine.
Amélioration de la qualité et de l’insertion des nouvelles constructions par la définition de principes architecturaux et paysagers.
Limitation de l'extension des hameaux, à l'exception du comblement de dents creuses.
Les espaces de nature et les cours d'eau
Préservation et amélioration des continuités écologiques (notamment avec les espaces naturels de la Garonne), maintien des ruptures spatiales entre les zones urbaines.
Protection et valorisation des cours d'eau, confortement de leur rôle de corridor écologique en maintenant des berges végétalisées, améliorant ainsi leur lisibilité dans le grand paysage.
Repérage et protection des éléments de nature ordinaires
Les villages et les centres historiques
Maintien d'un coeur de village convivial et dynamique avec ses commerces de proximité pour limiter les déplacements.
Réhabilitation et occupation du bâti ancien.
Traitement qualitatif et repérage des entrées de villes.

L'agriculture

Pérennité de l'usage agricole des sols.
Maintien d'une agriculture plurielle dans ses productions (maraichage, élevage, arboriculture, cultures...), contribuant à la diversité des paysages.
Soutien à l'agro-tourisme et mise en valeur du vignoble du Frontonnais.
Mise en place de Zones Agricoles Protégées notamment pour préserver des filières telle que la viticulture.

Les infrastructures et activités

Exigence de qualité architecturale, paysagère et environnementale dans les projets de construction d'équipements commerciaux et industriels.
Limitation des petites cellules commerciales.
Exit full screenEnter Full screen
Carte d'identité

Données administratives & démographiques

Identité administrative de l'unité paysagère

105

hab/km²

24863

habitants

Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) concernés

Communauté de communes de Val’Aïgo
Communauté de communes des Coteaux du Girou
Communauté de communes du Frontonnais
Communauté de communes Tarn Agout

14 communes

Azas
Bouloc
Fronton
Gémil

Montastruc-la-Conseillère
Montjoire
Montpitol
Paulhac

Rocquesérière
Saint-Jean Lherm
Vacquiers

Villariès
Villaudric
Villeneuve-lès-Bouloc

Partiellement : Bazus – Bessières – Buzet-sur-Tarn – Castelnau-d’Estrétefonds – Gargas – Garidech – La Magdelaine-sur-Tarn – Saint-Rustice – Villematier – Villemur-sur-Tarn.