Unité paysagère

La Vallée du Girou

L’unité paysagère de la Vallée du Girou s’étire depuis les limites du département du Tarn au sud jusqu’à la vallée de la Garonne au nord.

Le Girou, son cours d’eau éponyme, a creusé un sillon orienté du sud-est vers le nord-ouest au milieu des ondulations collinaires du Lauragais.

Puis la rivière sépare les Terrasses du Frontonnais de l’Agglomération Toulousaine.

identité paysagère

Les éléments de paysages

qui construisent l'identité paysagère de l'unité

  • Structure paysagère
  • Éléments paysagers
  • Motifs paysagers

La vallée affiche une largeur d’une régularité quasi parfaite. C’est un sillon régulier depuis Bourg-Saint-Bernard au sud-est jusqu’à Saint-Sauveur au nord-ouest.

Elle ne s’impose pas par une largeur imposante mais la transition qu’elle matérialise entre deux ensembles géographiques la fait exister en tant qu’unité paysagère.

Les sols hydromorphes alluvionnaires du fond de vallée étaient très fréquemment marécageux. Pour augmenter la surface cultivable et rendre hospitalière la vallée, l’homme construit des canaux pour assainir le fond de la vallée.

C’est ainsi qu’il a pu y vivre et y prospérer profitant de la richesse des sols. Les témoins de ce passé agricole prospère sont les nombreux domaines qui s’aperçoivent au détour d’un chemin ou d’une route.

Les premières traces d’occupation remontent aux Celtes. L’époque romaine voit la construction de nombreuses villas.

Le caractère marécageux du fond de vallée et son inondabilité ont poussé l’homme à s’installer en crête ou sur les versants.

Quelques bâtiments existaient en fond de vallée mais toujours éloignés du cours d’eau.

L’exploitation maximale des terres a laissé peu de place aux haies et bosquets. La vallée offre au regard de vastes espaces ouverts, que seule la ripisylve du Girou vient interrompre.

Cordon végétal continu, il cloisonne le fond de la vallée. Il s’épaissit à certains endroits par les ramiers, forêts artificielles alignant parfaitement leurs peupliers, ou lorsqu’il rencontre des boisements ponctuels, conséquence d’une déprise agricole engagée.

Le Girou canalisé sur plusieurs tronçons devient rectiligne avant de retrouver sa sinuosité naturelle. Les sections parfaitement droites alternent avec les méandres du cours d’eau.

Pendant très longtemps, la vallée n’était parcourue que par des chemins. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir apparaître les premières routes.

La route historique reliant Toulouse à Castres traversait la vallée et passait par Verfeil. Contrairement à d’autres vallées, celle du Girou était traversée plus que parcourue.

Aujourd’hui, les paysages de la vallée du Girou hésitent entre agriculture et urbanité. Terroir agricole, la Vallée du Girou subit la pression de l’aire toulousaine.

Elle offre à cette dernière ses terres planes, proches géographiquement et devient un territoire de prédilection pour des extensions urbaines et le développement d’activités.

La tendance vers la résidentialisation de la vallée au détriment de sa vocation agricole se lit aussi au travers de la transformation d’anciennes fermes ou domaines agricoles en habitat, que l’on devine aisément principal.

Verfeil concentre aujourd’hui l’urbanisation et les activités économiques de la vallée tandis que les autres villages restent essentiellement dévolus à l’habitat. Témoignage de l’intensité urbaine de Verfeil, la construction de l’A 680 permet de connecter Verfeil à l’A 68, autoroute reliant Toulouse à Albi.

La A 68 installe aujourd’hui une limite entre une vallée amont encore agricole et un aval de plus en plus urbanisé qui vient se fondre au nord dans l’urbanisation de la Garonne des Terrasses.

D’autres infrastructures marquent l’anthropisation de la vallée : le poste électrique de Verfeil et son cortège de supports métalliques.

Caractérisation des paysages

  • Une faible largeur régulière
  • Un profil dissymétrique entre une rive droite marquée sans être abrupte et une rive gauche adoucie.
  • Des paysages qui hésitent entre ruralité et urbanité
  • Une rivière au centre, aménagée, alternant ses méandres et la rectitude de ses portions canalisées.
  • Une autoroute qui la traverse et marque un aval urbain et un amont encore agricole.
  • Une ripisylve continue qui accompagne son cours d’eau éponyme.
  • Les villages groupés perchés ou sur les pentes.

Palette de couleurs, reflets de diversité

  • Les nuances de rouge des briques et des tuiles de ses constructions.
  • Les nuances de vert de sa végétation ripicole.
  • Les verts plus sombres de ses boisements.
  • La mosaïque de couleurs de ses cultures et leur saisonnalité des verts tendres aux blonds des céréales à maturité en passant par le jaune des tournesols et du colza.
  • Les bruns des sols en hiver.
Bloc Diag - VALGIR
Structure agraire d'openfield et grandes infrastructures d'énergie
Les alignements d'arbres soulignent les longues lignes droites des routes, ici la RD 20
La diffusion de l'habitat pavillonnaire sur les versants
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Motifs paysagers - VG
En fond de vallée entre grandes cultures, infrastructures énergétiques, activités, ripisylves, alignements d'arbres et habitat, la lecture du paysage se brouille
Corollaire de l'intensité urbaine, les zones d'activités gagnent le fond de la vallée au détriment des terres agricoles
Les villages et châteaux s'installent en crête
Les canaux et retenues collinaires drainent et irriguent la vallée
Motifs paysager - VALGIR
Les villages et châteaux s'installent en crête
En fond de vallée entre grandes cultures, infrastructures énergétiques, activités, ripisylves, alignements d'arbres et habitat, la lecture du paysage se brouille
Les canaux et retenues collinaires drainent et irriguent la vallée
Corollaire de l'intensité urbaine, les zones d'activités gagnent le fond de la vallée au détriment des terres agricoles
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CE QUI FAIT PAYSAGE - LE SOCLE SUPPORT

Sols, relief, eau & végétation​

Identification des caractères physiques de l'unité

  • Géologie
  • Géomorphologie
  • Hydrographie
  • éléments de nature

La Vallée du Girou appartient au vaste ensemble molassique caractéristique du Bassin Aquitain et plus spécifiquement du Lauragais.

Les molasses sont des formations détritiques, d’origine fluviatile, résultat du travail d’érosion du massif pyrénéen.

En plus d’être facilement érodables, les molasses ont la particularité d’être imperméables.

C’est ainsi qu’elles sont à l’origine d’un chevelu hydrographique dense, commun aux unités paysagères des Collines Ouvertes du Lauragais voisines.

Ce chevelu hydrographique engage le travail d’érosion qui fera s’accumuler en pied de versant les limons et alluvions.

La composition de ces alluvions est l’exact reflet de la qualité des sols des versants.

Les cours d’eau ont entaillé les formations molassiques en déposant les alluvions en terrasses étagées.

Si celles de la Vallée du Girou sont moins marquées que celles de la Garonne notamment, elles n’en sont pas moins existantes.

Les alluvions de la basse plaine du Girou sont composées d’argiles et de limons plus ou moins sableux.

Elles correspondent aux sols hydromorphes. Ce sont des limons d’inondation, alluvions modernes parfois décalcifiées mais encore un peu calcaires.

Les alluvions anciennes composent les basses terrasses. Elles sont souvent décalcifiées et parfois acides, très proches des alluvions de la basse plaine.

Les versants de la vallée sont composés de colluvions ou d’éboulis si la crête correspond à un banc de calcaire.

Ces formations géologiques sont les terres classiques du Terrefort, ces sols bruns sur alluvions modernes qui ont recouvert au Quaternaire les molasses du Tertiaire.

Le potentiel agronomique des sols de la Vallée du Girou est excellent.

La construction de la vallée prend son origine lors du basculement du bassin aquitain installant un pendange vers le nord-ouest.

Si le profil en travers de la vallée est assez plat, le profil en long montre une altimétrie qui augmente à mesure que l’on se rapproche de sa limite sud, mitoyenne au département du Tarn.

Les eaux de surface ont alors creusé des vallées, dont celle du Girou, qui ont pris naturellement la direction du sud-est vers le nord-ouest.

L’enfoncement des cours d’eau s’opère au Quaternaire.

La rivière du Girou a construit une vallée d’une régularité presque parfaite tant sa largeur est constante, d’environ 2 km.

La vallée est encadrée de collines de très faible altitude. Le Girou coule en son centre, creusant une basse plaine qui correspond à la zone inondable.

A une dizaine de mètres au-dessus de cette basse plaine, des dépôts ont organisé une terrasse intermédiaire.

La vallée du Girou a de commun avec les autres vallées de la Haute-Garonne de s’installer dans un système de terrasses alluviales.

Dans les formations molassiques s’intercalent des bancs de calcaires. D’origine lacustre ou palustre, ils construisent la structure des reliefs collinaires. Ils arment ainsi les crêtes et les replats sommitaux.

Les propriétés imperméables des molasses induit un ruissellement rapide des pluies et engage le travail d’érosion.

Les coteaux sont fragmentés par la multitude de rus et ruisseaux affluant transversalement vers le Girou. La réponse des sols molassiques au travail d’érosion est à l’origine du profil dissymétrique de la vallée.

Cette dissymétrie est ici moins marquée mais elle existe ; les versants longs de la rive gauche font face à aux pentes plus marquées de la rive droite.

Elle a une origine climatique ; les versants orientés au sud/sud-ouest sont exposés aux pluies et subissent donc un travail d’érosion plus marqué.

Le réseau hydrographique de l’unité paysagère est composé de sa rivière éponyme. Le Girou est alimenté d’une multitude de ruisseaux, découpant les versants de sa vallée.

C’est lui qui a construit la vallée et organisé son occupation.

L’activité agricole encore bien représentée est cependant en partie responsable de la qualité médiocre de ses eaux.

Le caractère imperméable des sols molassiques est à l’origine du chevelu hydrographique dense. Pour maîtriser et réguler la ressource en eau, de nombreuses retenues ont été créées sur le parcours des cours d’eau.

Elles assurent l’irrigation des cultures et l’alimentation en eau des villes et villages. Deux barrages ont été construits sur la commune de Verfeil, sur le Laragou et la Balerme.

Pour assainir le fond de vallée, des canaux ont été construit. Le Girou a subi un recalibrage de son lit et de ses berges, travail commun à ses rivières voisines, la Vendinelle, la Sausse et de son confluent l’Hers Mort.

Même si la vallée s’urbanise, les parcelles agricoles subsistent et des canaux d’irrigation continuent de relier certaines parcelles au Girou.

Au lit naturel du Girou se superpose donc un système de canaux. Les méandres naturels de la rivière se retrouvent en aval de Labastide-Saint-Sernin.

Le Girou, une fois quittées les terres tarnaises, poursuit son parcours dans une campagne qui abandonne sa trame bocagère.

A partir du moulin de Nartaud, non loin de Bourg-Saint-Bernard, les rives du Girou s’affirment et le cours s’élargit, laissant l’eau percer la ripisylve foisonnante.

Pour autant, le paysage que traverse le Girou s’urbanise peu à peu.

Le tissu urbain des communes environnantes est plus dense, plus développé et les routes gagnent elles-aussi en emprise.

Tout au long de son parcours, le Girou est enjambé par de nombreuses routes. D’autres comme la N126 ou la D20 le longent.

Creusé dans les sols tendres de sa vallée alluviale, le Girou ne s’aperçoit que lorsque des routes le franchissent. Ailleurs, la ripisylve le suggère ainsi que les ramiers et autres cortèges ripicoles.

Peu avant de rejoindre les eaux de l’Hers-Mort, le Girou longe la zone d’activités particulièrement dense de Castelnau-D’Estrétefonds.

En dehors du Girou, l’armature hydrographique de l’unité paysagère est composée de ruisseaux. Deux typologies de cours d’eau se dessinent, la première étant largement prédominante :

  • Le ruisseau en zone agricole : peu large mais encaissé, il se lit surtout par le cortège végétal qui l’accompagne, et qui s’intègre au maillage bocager quand il existe.
  • Le ruisseau en zone urbanisée : peu représenté sur l’unité paysagère, il se caractérise par un profil plus encaissé, stabilisé par quelques enrochements et traduisant le risque de montée en charge de ces cours d’eau.

La vallée du Girou est une zone agricole de grandes cultures, essentiellement céréalières et oléagineuses. Elle offre très peu d’espaces dits naturels.

On y observe quelques boisements très souvent limités aux abords des cours d’eau. Le Girou en est une illustration.

Sa ripisylve continue l’accompagne tout au long de son parcours.

Ses ruisseaux affluents, comme le Dagour, se bordent aussi d’une végétation ripicole entre broussailles et strate arborescente.

En aval de l’unité paysagère, des forêts artificielles ont été créées, nommées ici ramiers. Elles déroulent leurs alignements parfaits de peupliers.

Les boisements sont ensuite réservés aux reliefs les plus pentus et plus particulièrement sur les versants sud de la vallée.

Il faut, pour être complet, noter la présence de quelques prairies humides à proximité du Girou.

C’est ainsi que se décrit la naturalité des Collines du Volvestre.

Aucun de ces espaces ne renferme d’enjeu écologique notable.

Mais ces éléments de nature ordinaire ont un rôle important au cœur de ces vastes espaces agricoles.

Ils sont autant de zones refuge, de zones d’alimentation, de repos et/ou de reproduction.

La Vallée du Girou ne renferme aucun périmètre d’inventaire ou de protection des espaces naturels (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique, site Natura 2000, Arrêté de Protection de Biotope, réserve…).

Seules quelques zones sont inscrites à l’inventaire des zones humides, essentiellement des prairies humides en bord du Girou.

CE QUI FAIT PAYSAGE - LES ACTIONS DE L'HOMME

Activités économiques, infrastructures, bâti & architecture ​

Qualification des marqueurs d'anthropisation du territoire

  • Pratiques et Usages
  • Infrastructures
  • Formes urbaines
  • Caractères architecturaux
  • Patrimoine

La Vallée du Girou est encore une vallée agricole mais sa mutation se lit au travers de ses paysages de plus en plus urbains.

La construction de voiries de première catégorie a amélioré l’accessibilité de la Vallée du Girou.

L’A 68 donne un accès direct à Garidech et Gragnague. L’autoroute se prolonge vers Verfeil avec l’A 680.

La partie avale de l’unité paysagère se trouve en contact direct avec l’agglomération toulousaine.

La diffusion de la tâche urbaine se marque en aval de l’unité paysagère, là où l’influence de l’agglomération toulousaine se fait plus forte.

L’agriculture

La première économie de l’unité paysagère est encore l’agriculture.

Enrichie de ses dépôts alluvionnaires, la Vallée du Girou a été très tôt une terre agricole.

Le fond plat de sa vallée est propice aux grandes cultures céréalières, encore largement majoritaires.

Aux cultures céréalières s’ajoutent celles d’oléagineuses comme le tournesol.

Les cultures de maïs se rassemblent naturellement au plus près de la rivière.

Depuis quelques années, une diversification est engagée.

En aval, des activités de maraîchage apparaissent. Il y a très peu d’activités d’élevage.

L’agriculture a construit le paysage de la vallée, au travers d’éléments nécessaires à son développement qui sont autant d’éléments de paysage.

Ce sont les canaux.

Pour assainir les sols, leur construction a été indispensable.

Les cordons végétaux qui les accompagnent cloisonnent le fond de la vallée.

Aux canaux s’ajoutent des retenues collinaires pour réguler l’alimentation en eau.

Zones d’habitat et de biodiversité, elles participent aux paysages de la vallée.

Les activités économiques

La mutation du statut agricole de la vallée vers une périurbanisation se lit au travers du développement d’activités tertiaires et artisanales représentant des secteurs diversifiés.

Les activités artisanales se complètent de services et de petites industries manufacturières.

A Garidech, une centrale de traitement et de transformation des granulats fournit en matières premières la filière construction.

Les activités se rassemblent au plus près des grands axes de circulation.

Ainsi Garidech, Gragnague et Verfeil concentrent des zones d’activités dynamiques.

Des zones d’activités en devenir confirment la mutation de la vallée qui abandonne progressivement sa ruralité pour devenir la continuité de l’agglomération toulousaine.

Le SCoT du Nord Toulousain attribue à Garidech, Gragnague et Verfeil, le statut de « relais de croissance ».

Si la partie sud-est de l’unité paysagère, en limite avec le département du Tarn, est encore agricole, passé Verfeil les paysages urbains et agricoles se mélangent.

Les paysages agricoles se désorganisent par le développement urbain. À cela s’ajoutent les infrastructures énergétiques qui rayent le ciel de leurs câbles.

Les activités d’extraction

Les matériaux extraits du sous-sol sont soit transformés soit utilisés pour la construction.

Il y a dans cette vallée un seul site d’extraction.

À Saint-Marcel-Paulel est extrait de l’argile, transformée par la briqueterie de Nagen.

Le tourisme

Il est ici pour beaucoup de loisirs. La vallée du Girou offre de nombreux itinéraires de randonnée.

Le GR 46, itinéraire de grande randonnée de Tours à Toulouse, traverse la vallée entre Gragnague et Saint-Jean-Lherm.

En dehors de ce GR, plusieurs itinéraires proposent de découvrir les paysages de la vallée mais aussi son patrimoine.

En effet ces balades se veulent ludiques et pédagogiques.

Des panneaux d’information racontent le patrimoine et l’histoire de la vallée.

Ce sont les « échappées belles en coteaux du Girou » que propose l’office du tourisme des Coteaux du Girou.

Les loisirs sont également nautiques sur les lacs du Laragou et de la Balerme. Ces étendues d’eau offrent des espaces récréatifs de baignade et de pratique de la voile, paddle, aviron, canoé…

Les amateurs de pêche peuvent aussi s’adonner à ce plaisir dans les eaux de 2ème catégorie des lacs.

Le tourisme est aussi culturel. La vallée du Girou possède un patrimoine reconnu, dont plusieurs édifices sont classés Monument Historique.

Ce patrimoine architectural est, comme évoqué plus haut, l’occasion de promenades.

Il est évocateur d’une histoire commune au département (Verfeil était une « cité » du Pastel) mais ce patrimoine a, dans cette vallée, une résonance particulière.

C’est à Bonrepos-Riquet, que Pierre-Paul Riquet, concepteur du canal du Midi, possédait son château.

C’est là que Pierre-Paul Riquet a réalisé les maquettes de son futur ouvrage.

L’agritourisme commence à se développer avec la création de fermes auberges et de gites ruraux.

Les activités de loisirs n’impliquent d’équipements spécifiques ou les quelques-uns induits restent légers.

Une seule question peut se poser : la fréquentation de certains lieux de loisirs comme ceux des lacs.

Croquis US - VALGIR
Occupation urbaine
L'urbanisation encore contenue en crête ou sur versant
L'urbanisation encore contenue en crête ou sur versant
Domaines et châteaux témoins d'une agriculture prospère
Les silhouettes des silos, plus discrètes dans cette unité paysagère
L'urbanisation se diffuse sur les versants
Les zones d'activités en périphérie des communes gagnent le fond de vallée
Les infrastructures énergétiques et leurs supports très prégnants
Ferme traditionnelle et hangar d'exploitation
L'urbanisation gagne la vallée
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L’unité paysagère rassemble les éléments de vocabulaire d’un processus de péri-urbanisation engagé. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’unité paysagère était parcourue de chemins.

Les seuls axes historiques étaient la RD 888 qui reliait Toulouse à Albi via Montastruc-la-Conseillère et la RD 112 via Verfeil. 1992 voit l’ouverture de l’A 68, puis c’est au tour de l’A 680 en 1996.

Les chemins sont devenus routes et ces routes départementales sont réparties de façon homogène en pied des coteaux.

La RD 20 emprunte le couloir naturel de la vallée et se prolonge dans le département du Tarn en prenant le statut de route nationale (RN 126).

En dehors de ces axes principaux, l’unité paysagère est desservie par un réseau de routes secondaires bordées de fossés. Leur gabarit souvent restreint rend parfois difficile le croisement de deux véhicules.

Sinueuses lorsqu’elles parcourent les versants, les routes en fond de vallée déroulent de longues portions rectilignes.

Certaines se bordent de platanes ou de tilleuls. Ces grands alignements d’arbres, qu’ils soient sur un seul côté ou doubles, participent à l’armature paysagère de la Vallée du Girou.

Ces axes captent l’urbanisation de la vallée jusqu’à la séquencer. L’A68 marque une limite entre une vallée amont encore agricole et un aval urbain.

Les infrastructures énergétiques

Les axes routiers principaux offrent les conditions favorables à l’expansion urbaine de la métropole toulousaine, accentuant sa proximité géographique, dans un contexte paysager de moins en moins rural.

Corollaire à ce développement urbain, le renforcement des structures énergétiques est nécessaire. Un grand poste électrique d’interconnexion est installé au pied de Verfeil en fond de vallée.

De ce poste diffusent plusieurs faisceaux de lignes. Certains prennent l’orientation naturelle de la vallée (une ligne rejoint le poste de Taille-Brague à Grisolles), d’autres la traversent et c’est ainsi que ces lignes s’entremêlent.

Certaines composent les tableaux d’un paysage confus où s’interpellent modernité et histoire.

Les énergies renouvelables

La Vallée du Girou est une zone de potentiel faible pour la production d’énergie éolienne et solaire. Les productions d’énergie solaire sont essentiellement privées avec des panneaux solaires en toiture de hangars agricoles ou d’habitation.

La vallée du Girou porte les traces de l’occupation très ancienne des Celtes dès le Ve siècle avant JC.

La forme historique est celle du village groupé dont les centres sont positionnés le long des axes de communication.

Cette structure organique peut être plus ou moins linéaire. Le bâti ancien est ordonnancé autour d’une place ou le long d’une rue.

L’habitat de la Vallée du Girou se rassemble sur les coteaux ou en crête. Pour se prémunir des inondations et laisser les sols fertiles du fond de vallée à l’agriculture, les villages occupent les rebords des terrasses alluviales. Ils peuvent être aussi en crête.

L’implantation des villages sur les versants instaure des co-visibilités directes.
Cependant l’habitat dispersé au sein de la mosaïque de parcelles agricoles est également présent.

Parmi les villages, certains se sont organisés de manière circulaire autour de l’église ou du château à l’image de Villariès et Bazus.

Le village peut être groupé, plus ou moins linéaire, organique ou répondre aux principes de la bastide. Labastide-Saint-Sernin est un des rares villages à se rapprocher de ce schéma urbain qui organise, depuis une place centrale de forme rectangulaire, des îlots partant de chacun de ses angles.

La majorité sont de type organique, c’est à dire organisés selon le réseau viaire.

Le développement du tissu pavillonnaire autour des centre-bourgs est quant à lui très prégnant.

Si dans son occupation ancienne, la répartition de l’habitat était assez homogène, force est de constater aujourd’hui qu’elle se rassemble dans sa moitié avale quand le relief s’aplanit et que l’agglomération toulousaine se fait plus proche.

Son dynamisme économique profite à ces villages. Gragnague et Garidech bénéficient en plus d’accès directs depuis l’A 68.

L’intensité urbaine de l’agglomération toulousaine se révèle aussi par l’augmentation des zones d’activités.

Si la Vallée du Girou ne porte pas de zones industrielles ou de grandes zones commerciales, le développement des zones d’activités est évident.

Les bâtiments sont encore de taille modeste mais leur diffusion en fond de vallée prend de plus en plus de place dans les paysages.

La zone de la Piossane à Verfeil en est un exemple comme celle de l’Ormière commune à Garidech et à Montastruc-la-Conseillère. Ailleurs et notamment à Gragnague, les zones se développent en périphérie de l’urbanisation le long des axes routiers.

Témoin du développement urbain de la vallée, la construction d’un futur lycée sur la commune de Gragnague.

Les formes urbaines de la vallée du Girou influencent directement les typologies de bâti.

La forme urbaine du village a déterminé des volumes de bâti en cohérence avec l’échelle du village. Rarement les maisons de villages dépassent le R+1.

L’habitat isolé est historiquement celui de la ferme.

L’agriculture a fait très tôt la prospérité de la vallée. C’est ainsi que le territoire porte de nombreuses constructions agricoles traditionnelles. Elles ont l’architecture modeste et utilitaire de la ferme ou celle sophistiquée de la maison de maître ou du château.

Le développement du tissu pavillonnaire rend prédominant un bâti récent dont les caractères s’éloignent de ceux historiques.

Aujourd’hui la vocation agricole de la vallée tend à s’effacer au profit de caractères péri-urbains. Cette mutation se lit au travers de la transformation de bâti agricole en habitat résidentiel.

D’anciennes fermes ont fait l’objet de restaurations plutôt réussies. Elles ont su garder les caractères architecturaux traditionnels.

Les caractères architecturaux sont les témoins d’une époque et de modes de vie. De l’époque médiévale, certaines communes conservent des maisons à colombage comme à Verfeil.

Les ressources locales ont été largement utilisées pour construire et c’est ainsi que la brique et le galet sont les matériaux les plus courants.

La brique, cuite ou crue, apparente ou enduite, s’accompagne de la tuile canal et des appareillages de galets roulés et de brique. Ils produisent des ornementations particulières (en arêtes de poisson, en nervures de fougères…).

Les remplissages des colombages utilisaient autant la brique que le galet.

Les domaines et les châteaux conservent des constructions traditionnelles le vocabulaire architectural et leur architecture reste sobre.

Ils se distinguent de l’habitat ordinaire par leurs dimensions. Si les domaines sont souvent de briques, les châteaux utilisent la pierre. Ainsi les dimensions de la construction et les matériaux indiquent la prospérité de son propriétaire.

Les formes d’architecture sont communes aux unités paysagères voisines.

La maison carrée

Très courante dans les cœurs de villages, la maison carrée se trouve aussi bien en façade sur rue qu’isolée entourée d’un jardin. C’est un bâtiment de type bourgeois de plein pied, à un étage parfois deux. La maison carrée se constitue d’un volume principal, parfois complété d’annexes agricoles.

La façade principale, plus ou moins ornementée (mascaron au-dessus de la porte d’entrée, ferronnerie, corniches…), est percée d’ouvertures disposées régulièrement : porte d’entrée centrée, parfois surmontée d’une porte-fenêtre avec balconnet et entourée de 2 travées de fenêtres.

L’ensemble des ouvertures est souligné par un encadrement soigné constitué de briques dont la teinte contraste avec celle de la façade. Le ou les matériaux utilisés en façade peuvent varier : briques allant de l’ocre clair au rouge foncé, avec ou sans enduit, apportant toute la diversité à ce type de construction.

La maison maraîchère

Localisée sur la plaine alluviale de la vallée, la maison maraîchère était initialement implantée au sein d’un système parcellaire constitué de lanières de cultures légumières et florales.

Si ces cultures en lanières ont en partie seulement résisté à la pression foncière, c’est également le cas des maisons maraîchères dont il ne reste que quelques exemples dans quelques centre-bourgs.

Elle se trouvent naturellement à proximité du Frontonnais.

Le volume de la construction, en galets roulés et briques, est rectangulaire et assez étiré. Le pignon, aligné sur la rue, reprend souvent l’orientation nord-sud des anciens chemins ruraux.

La cour est ainsi orientée au sud, accolée à la façade principale, perpendiculaire à la voirie. Les pièces d’habitation et d’exploitation sont abritées sous ce même volume. La partie horticole, à l’extrémité, s’identifie par la large ouverture pratiquée sur la façade.

L’étage, généralement de faible hauteur et bien ventilé, servait à la conservation des légumes secs et est par conséquent inhabitable.

Il faut, pour être complet, évoquer le bâti d’activités agricoles et artisanales. Il n’échappe pas ici aux règles d’une nécessaire fonctionnalité.

La pauvreté architecturale les caractérise. Simples parallélépipèdes, ils arborent des couleurs vives bien que l’on note un certain effort pour les plus récents.

Terre de religion, la Haute-Garonne a exprimé sa religiosité dans les dimensions de ses édifices religieux.

La Vallée du Girou n’échappe pas à ce constat.

Certes le patrimoine est sans doute moins spectaculaire que dans d’autres unités paysagères.

Il est essentiellement composé d’églises et de petits châteaux.

L’architecture a été ici très longtemps utilitaire.

 
 

Les édifices religieux

Plusieurs sont classées au titre des Monuments Historiques :

  • Église Saint-Blaise du XVIe siècle de Verfeil,
  • Église du XIIe siècle de Saint-Sauveur,
  • Église Saint-Pierre du XVe et XVIIIe siècles de Bazus, pur style gothique méridional,
  • Église Saint-Jean-Baptiste du XVIe siècle de Garidech.

Sans être classée, l’église Saint-Pierre de Gargas est à citer pour son style néogothique.

Construites souvent en brique, les églises de la Vallée du Girou présentent aussi la diversité des clochers de la Haute-Garonne :

  • Les églises à clocher-mur à pignon : Cepet, Villariès, Saint-Sauveur, Garidech… C’est le type de clocher le plus répandu sur l’unité paysagère. Sa caractéristique principale consiste en la présence d’un mur intégrant sur le même plan un clocher dont la crête se termine en triangle, percé de 2 à 6 baies accueillant les cloches. Quelques motifs d’ornementations, tels que des rétrécissements, permettent de rompre la rigidité du pignon, la porte n’étant pas située (à quelques exceptions près) sur cette façade.
  • Les églises à clocher-tour : Bonrepos-Riquet ou Gargas. Les églises à clocher-tour, souvent de base octogonale, sont peu représentées sur cette unité paysagère.
  • Le clocher octogonal : très peu répandu dans la vallée, il est constitué d’un empilement de volumes octogonaux, de diamètres décroissants séparés par des corniches, et porte une flèche. L’église Saint-Blaise à Verfeil est un très bel exemple.

Les châteaux

Plusieurs sont classés au titre des Monuments Historiques.

Il est ici une demeure qui appartient à l’Histoire du département et de la France : le château de Bonrepos-Riquet, demeure de Pierre-Paul Riquet qui n’est autre que le créateur du canal du Midi.

En 1652, il acquiert l’ancien donjon de Bonrepos pour y construire une résidence de campagne dotée de nombreux hectares cultivés.

C’est ici qu’il a expérimenté plusieurs solutions pour son futur ouvrage.

Le château se visite et propose des visites commentées.

Il faut citer aussi le château de Jean situé au bord du ruisseau du même nom à Villariès.

Ce château, privé, du XVIIe siècle a été réédifié sur les ruines d’un château-fort.

Verfeil possède aussi un château du VIIIe siècle, vestige de la cité fortifiée.

Plusieurs circuits de randonnée proposent de découvrir le patrimoine architectural et naturel. La Communauté de Communes et l’office du tourisme ont engagé des actions pour le valoriser.

LES PAYSAGES VÉCUS

Caractérisation des représentations sociales

& des systèmes de valeur associés par les populations à un paysage

Les perceptions sur les paysages ont été recueillies auprès des habitants du département à l’occasion d’une enquête en ligne spécifique.

La synthèse présentée ci-après évoque des lieux et paysages hors de l’unité paysagère, mais cités par ses habitants. Le paysage vécu englobe bien souvent les paysages limitrophes. Les perceptions recueillies auprès des habitants des territoires du département ne peuvent donc être traduites avec la même sectorisation que celle des unités paysagères.

Les habitants de la Vallée du Girou, située entre Toulouse, le Frontonnais et le Lauragais, partagent leurs lieux emblématiques :

« Le Frontonnais, ses vignobles, ses vieilles maisons  » pour une habitante de Cépet.
« Le Canal du Midi et le Lauragais » pour un autre habitant de Bazus.

La Vallée du Girou dévoile cependant des spécificités

« La forêt de Buzet vers chez moi : vallon atypique, c’est beau » évoque ainsi un habitant de Garidech.
« Bonrepos-Riquet : incontournable pour connaître la genèse du canal, son auteur… Les visites variées grâce au nombre de guides bénévoles, possibilité de groupes, en famille…  » un habitant de Bonrepos-Riquet.

Ce sont aussi des lieux intimes

« Villariès et son petit musée archéologique » : habitant de Bonrepos-Riquet.
« Le château de Bonrepos-Riquet » pour une habitante de Cépet.

Le sentiment de dégradation ces 10 dernières années est principalement dû à l’augmentation de la population, de la circulation et de l’urbanisation. Cependant :

« Même avec de nouvelles maisons, l’ambiance village de Bonrepos-Riquet reste présente et de petites améliorations ont été faites : réhabilitation du château et de son entourage, parking pour les visiteurs, aire de petit jeux en cours…  » Habitant, Bonrepos-Riquet.
Dynamiques paysagères

Transformations des paysages

marqueurs d'évolution & identification

  • Facteurs d'évolution
  • Transformations identifiées
  • Dynamiques paysagères
  • Enjeux & cibles d'action

L’analyse diachronique permet de révéler les évolutions d’un territoire.

La carte d’état-major montre un fond de vallée recouvert de zones humides, ce qui correspond aujourd’hui aux propriétés hydromorphes des sols.

C’est aussi l’explication de l’implantation historique des villages sur les pentes des versants, se préservant ainsi des terres marécageuses.

Quand les vallées de l’Hers, de la Garonne ou de l’Ariège ont ouvert des voies de communication organisant leur urbanité, la vallée du Girou est restée à part de ce principe.

Les voies historiques, la route d’Albi (RD 888) et celle de Montpellier (RD 112), traversaient le territoire transversalement au lieu d’emprunter le fond de vallée.

Sur leur parcours se sont implantées, respectivement, les villes de Garidech et de Verfeil. Petit à petit le réseau viaire s’est organisé et avec lui l’urbanisation de la vallée.

L’assèchement des sols a permis le développement d’une agriculture tout d’abord vivrière avec son petit parcellaire. Le remembrement a permis les grandes cultures céréalières, à la faveur du fond plat de la vallée et de ses sols fertiles.

Mais c’est la proximité géographique de la vallée avec la ville de Toulouse qui a engagé l’évolution de son occupation et de ses paysages.

Les atouts

  • Un cadre paysager champêtre et rural aux portes de Toulouse.
  • Des pôles économiques porteurs d’emplois ainsi que des équipements et services.
  • Une bonne desserte viaire.
  • Un patrimoine architectural et historique et des espaces de loisirs de nature, notamment nautiques.

Les fragilités

Les risques sont assez modérés :

  • Risque inondations pour le Girou sur une emprise faible en fond de vallée.
  • Des versants soumis aux mouvements de terrain.
  • Risque d’érosion des berges en partie avale du Girou.
  • Une pression urbaine forte sur les espaces agricoles.

Les politiques d’aménagement et de gestion

Il y a dans la préservation des sites et des paysages des mesures de protection et de gestion. Les protections (site classé, monument historique…) reconnaissent la valeur patrimoniale d’un site, d’un bâtiment et prennent les dispositions pour leur conservation. D’autres espaces sont soumis à réglementation, notamment au sein du réseau Natura 2000. Les projets d’aménagements concernés par ces périmètres font l’objet de dispositions réglementaires spécifiques. Plus largement, en regard des évolutions identifiées, l’atlas formalise les objectifs de préservation et de valorisation de tous les paysages.

Les périmètres de protection, pour la vallée du Girou, sont ceux des Monuments Historiques. Ils se complètent du classement de quelques zones humides.

Le graphique exprime les dynamiques paysagères et urbaines de l’unité paysagère, entre 1950 et aujourd’hui.

Il rend compte d’une manière synthétique des évolutions ayant un impact sur les paysages de l’unité paysagère.

Le gradient attribué à chaque item est le fruit d’une analyse quantitative, issue d’observations de terrain, d’analyse de données et d’étude de cartographies.

Les dynamiques paysagères entre 1950 et 2021

L’unité paysagère a longtemps conservé les caractères d’une vallée rurale et agricole puis elle a offert des zones d’habitat, appréciées et recherchées, pour leur cadre paysager tout en étant à portée de voiture de Toulouse et son bassin d’emploi.

Le développement urbain gagne d’abord les communes avales de la vallée, Cépet, Saint-Sauveur. En 1992, l’ouverture de l’axe autoroutier Toulouse / Albi (A 68) enclenche le développement urbain de Garidech et de Gragnague, qui jusque-là avaient conservé leur typologie de village. L’autoroute a permis l’implantation d’activités. Elle a aussi profité à Verfeil qui voit apparaître les premiers bâtiments de sa zone d’activités.

La construction de l’autoroute A 68 a accéléré l’anthropisation de l’unité paysagère. Elle a ainsi offert l’opportunité d’un développement économique à l’échelle de la vallée. Verfeil et Garidech sont identifiés aujourd’hui comme zones d’emploi.

Au regard de ces constats, le projet d’autoroute qui reliera prochainement Toulouse à Castres fait entrevoir les mutations qui pourraient s’opérer sur les paysages à l’amont de la vallée qui aujourd’hui ont conservé leur ambiance rurale.

L’unité paysagère a aussi évolué dans ses espaces agricoles. Le regroupement parcellaire a composé de grandes surfaces pour une culture intensive.

Les canaux qui avaient permis d’assécher les sols marécageux servent à l’irrigation, notamment pour la culture du maïs gourmande en eau. En plus du maïs encore prédominant, les cultures des blés dur et tendre et du tournesol complètent la production de la vallée.

Les sols hydromorphes sont aussi favorables aux peupleraies. Ainsi les ramiers sont venus épaissir une ripisylve jusqu’alors fine. Élément exogène, la silhouette du peuplier est venue dessiner de nouveaux motifs paysagers.

Les évolutions des paysages de la Vallée du Girou se traduisent par :

  • La perte de lecture des formes historiques des villages par les extensions urbaines périphériques plus ou moins diffuses.
  • Le développement d’infrastructures routières et énergétiques. Depuis le poste source RTE à Verfeil partent plusieurs faisceaux de lignes HT qui encombrent le paysage visuel.
  • Une simplification des cultures suite aux opérations de remembrement.
    L’apparition de zones d’activités.
  • La création de retenues collinaires (lac de la Balerme et du Laragou) porteuses d’activités touristiques de loisirs.

Dynamiques urbaines

On peut ici véritablement parler d’étalement urbain tant les nappes pavillonnaires se sont installées en périphérie des villages.

L’intensité urbaine de la ville Toulouse a enclenché l’anthropisation de la vallée en mettant à disposition un foncier moins cher.

Dans la partie avale, le développement urbain est bien plus marqué que dans la partie amont.

C’est pourquoi l’enjeu de la construction de l’autoroute Toulouse/Castres est fort pour les paysages de la vallée.

En rapprochant cette partie de la vallée à la fois de Toulouse et de Revel, bassin d’emploi de l’est du département, elle donnera une nouvelle attractivité à l’unité paysagère.

Ce pourrait être l’occasion de mutations paysagères et d’un nouveau développement urbain.

La hausse de la population est importante et sa densité est une des plus fortes du département. Verfeil a conservé son rôle de polarité urbaine.

Cependant le rapport entre l’accueil de nouveaux habitants et la consommation des sols est inégale sur l’unité paysagère selon les communes.

Les extensions urbaines

  • Diffusion importante de la tâche urbaine autour de chaque village à partir des routes. Habitat majoritairement individuel, forme d’habitat consommatrice de sols.
  • Développement du maillage viaire pour la desserte des nouveaux quartiers.

Évolution des formes urbaines et caractères architecturaux

  • Apparition de lotissements, dont certains de grandes dimensions, fonctionnant en « poches ».
  • Effacement des formes historiques des villages par la périurbanisation.
  • Répétition d’un modèle standardisé, banalisation des caractères architecturaux des nouvelles constructions et standards architecturaux éloignés de l’identité locale.

Dynamiques des milieux NATURELS

  • Perte de biodiversité liée à l’abandon de cultures extensives favorables à la biodiversité (prairies naturelles de fauche, prairies humides, cultures céréalières riches en messicoles…).
  • Perte de biodiversité par suppression des haies pour l’agrandissement des parcelles agricoles.
  • Développement de plantes invasives le long des routes et cours d’eau.
    Perte très modérée d’habitats naturels avec la diffusion de l’habitat et des activités.

Dynamiques agricoles

L’agriculture est encore dynamique et sur le modèle des grandes cultures céréalières.

Les opérations de remembrement ont effacé la mosaïque agricole. La baisse du nombre d’exploitations est une des plus faibles du département, preuve de la place que tient encore l’agriculture dans l’économie de la vallée.

La proportion de chefs d’exploitations de moins de 40 ans se situe autour des 20%, dans la moyenne du département et les petites exploitations représentent la moitié des structures.

L’évolution des pratiques agricoles est à l’origine de plusieurs transformations :

  • La disparition du petit parcellaire et avec lui la diversité des cultures.
  • Une simplification des cultures avec une dominante de cultures céréalières qui tend vers un paysage monotone.
  • La construction de grands silos et hangars dont les dimensions répondent aux besoins de l’agriculture intensive.
  • Apparition de peupleraies, appelées aussi ramiers, au bord du Girou.

Dynamiques économiques

Les infrastructures et équipements

  • Avec la construction de l’A 68 et de l’A 680, développement des zones d’activités, développement qui se poursuit en 2021 : peu d’exigences paysagères et architecturales pour les zones les plus anciennes, forte prégnance de la ZA de Verfeil depuis les versants sud. Recherche de qualité pour les zones plus récentes (Gragnague).
  • Construction d’équipements de services (lycée à Gragnague)
  • Construction d’un poste source RTE.

Développement des énergies renouvelables

Développement de l’énergie solaire en toiture de bâtiments agricoles.
Un projet photovoltaïque en activité à Lapeyrouse-Fossat sur l’emplacement de l’ancienne décharge.
Deux sites pressentis pour l’énergie éolienne à Verfeil, de contrainte moyenne.

Développement touristique

  • Le lac de la Balerme (en limite avec le département du Tarn) est l’occasion d’activités de loisirs induisant une forte fréquentation saisonnière, mais sans équipement à ce jour.

Des ateliers territoriaux participatifs ont été l’occasion d’écouter les habitants et de recueillir leurs souhaits d’évolution de leurs paysages du quotidien sous 20 ans. Débattues au cours des ateliers, ces attentes constituent des cibles d’action.

Agriculture

  • Promouvoir une agriculture diversifiée, raisonnée et à taille humaine.
  • Se servir de l’agriculture pour limiter l’artificialisation des sols.
  • Développer une agriculture de proximité et des circuits courts.
  • Améliorer l’intégration du bâti agricole.
    Conserver des éléments identitaires.

Milieux naturels

  • Poursuivre la replantation des haies.
  • Entretenir les ripisylves et préserver les prairies humides.
  • Préserver les arbres des routes.

Infrastructures

  • Encadrer le développement des énergies renouvelables.
  • Encourager l’enfouissement des lignes HT.
  • Concilier tourisme et préservation des sites : équipements de qualité et bien intégrés.

Villages

  • Préserver l’architecture et la forme des villages.
  • Lutter contre l’uniformisation des habitats pavillonnaires.
  • Préserver les commerces de proximité des villages.
  • Améliorer la prise en compte des modes de déplacements doux dans les centres-villes.
  • Mutualiser les équipements, les services et les infrastructures entre les villages.
  • Améliorer la qualité paysagère des entrées de villes.

Urbain

  • Favoriser une architecture locale mais qui peut être contemporaine.
  • Limiter la taille des lotissements.
  • Restaurer l’habitat ancien.
  • S’assurer que les caractères des nouvelles constructions soient en harmonie avec l’identité locale.
Bloc Diag - VALGIR
Les extensions urbaines, habitat et activités
Développement urbain mesuré : urbanisation nouvelle uniquement en continuité des noyaux villageois existants ou au sein des hameaux extensibles
Densification des zones existantes dans la limite du possible
Maintien de coupures d'urbanisation
Les espaces de nature et les cours d'eau
Entretien des espaces ripicoles (ripisylves et zones humides) et limiter l'embroussaillement
Préservation et/ou restauration des continuités écologiques avec un renforcement des trames vertes et bleues
Préservation des grands alignements d'arbres des routes
Protection des espaces de nature ordinaires : haies, alignements, petits bois...
Les villages et les centres historiques
Préservation des villages au-delà des bâtiments faisant l'objet de classement
Constitution de lisières agro-urbaines : espaces tampons plantés entre les villages et les terres agricoles
Maintien de coupures d’urbanisation entre et au cœur des villages et redonner à lire leurs limites
Préservation du petit patrimoine ordinaire
Réhabilitation, restauration et entretien de l'habitat ancien pour des cœurs de villages vivants
Maintien des commerces de proximité pour un cœur de village convivial et dynamique

L'agriculture

Retour à une agriculture plurielle dans ses productions (maraîchage, élevage, cultures) pour contribuer à la diversité des paysages
Entretien du patrimoine agricole traditionnel
Confortement de la trame arborée des espaces agricoles

Les activités et infrastructures

Réflexion sur la possibilité d'enfouissement des lignes à HT.
Accompagnement du développement du photovoltaïque en toiture (habitat et bâtiment agricole)
Maîtrise du développement des zones d'activités économiques, y compris les zones commerciales, par la densification et exigence d'une qualité architecturale et paysagère
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Carte d'identité

Données administratives & démographiques

Identité administrative de l'unité paysagère

150

hab/km²

15131

habitants

Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) concernés

Communauté de communes des Coteaux Bellevue
Communauté de communes des Coteaux du Girou
Communauté de communes du Frontonnais
Communauté de communes Terres du Lauragais
Toulouse Métropole

11 communes

Bazus
Bonrepos-Riquet
Cépet

Gargas
Garidech
Gragnague

Labastide-Saint-Sernin
Saint-Marcel-Paulel
Saint-Pierre

Saint-Sauveur
Verfeil

Partiellement : Bourg-Saint-Bernard – Bruguières – Castelmaurou – Gauré – Lapeyrouse-Fossat – Montastruc-la-Conseillère – Montberon – Pechbonnieu – Saint-Jean-Lherm – Villariès – Villeneuve-lès-Bouloc