Unité paysagère

Les Collines ouvertes du Lauragais

Les Collines Ouvertes du Lauragais sont un vaste ensemble collinaire qui s’étire depuis la vallée du Girou au nord jusqu’à la vallée de l’Hers au sud.

Elle rencontre au nord-ouest l’agglomération toulousaine et se termine au sud-est sur la plaine de Revel.

identité paysagère

Les éléments de paysages

qui construisent l'identité paysagère de l'unité

  • Structure paysagère
  • Éléments paysagers
  • Motifs paysagers

Cet ensemble collinaire suit une orientation du sud-est vers le nord-ouest et se structure de vallées principales parallèles suivant cette même orientation.

Le mot lauragais vient de « Laurac », une des régions les plus déboisées de France. Le processus de déboisement a été engagé sous Louis XI. Et c’est bien cette absence de bois qui caractérise cette unité paysagère.

Territoire ambassadeur de la Haute-Garonne, le Lauragais est à jamais associé à la culture du pastel qui a fait la richesse exceptionnelle de ce territoire.

Ce territoire est à l’origine d’une expression populaire évocatrice d’un pays imaginaire, désiré de beaucoup où tout est abondance, le pays de cocagne.

Ce qualificatif vient du mot coque, boule de feuilles séchées d’Isatis tinctoria (le pastel) servant aux teintures.

C’est ainsi que le mot lauragais est à lui seul l’ambassadeur de tout un département. Si aujourd’hui la culture du pastel a disparu, les terres des Collines Ouvertes du Lauragais sont celles de grandes cultures de céréales.

L’identité de l’unité paysagère est agricole et rurale même si la pression urbaine de l’aire toulousaine se fait sentir de manière de plus en plus appuyée.

La mécanisation de l’agriculture a construit un paysage géométrique. Les petites parcelles historiques ont été regroupées, les bois supprimés. Les Collines Ouvertes du Lauragais sont devenues ainsi ce paysage ouvert de champs sur des collines adoucies.

L’évolution des techniques de cultures a transformé une agriculture vivrière, variée, sur des petites parcelles à une agriculture productiviste sur de grandes parcelles. Le corollaire de cette évolution a été l’effacement d’éléments de paysage qu’étaient les haies, les fossés et les talus plantés. Lorsque l’on traverse l’unité paysagère, les champs de maïs et de tournesol succèdent aux champs de blé, ce de manière répétée et infinie.

Si les boisements sont à l’état résiduel, réservés aux versants les plus pentus ou le long des cours d’eau, l’arbre est cependant un élément structurant de ces paysages.

Aligné le long des routes, il marque aussi l’entrée des grands domaines, agrémente les cimetières.

Platane le long des routes, il est ailleurs pin parasol, cyprès, chêne ou peuplier. Les chemins sont souvent marqués de haies hautes.

Les paysages ouverts se marquent alors des grands alignements de platanes qui accompagnent les routes.

Pour laisser libre un maximum de terres cultivables, les villages sont perchés sur le sommet des collines, là où les sols sont les moins fertiles. L’habitat se disperse aussi pour être au plus près des lieux de production.

De la prospérité passée subsistent de nombreuses grosses fermes dont plusieurs ont des allures de châteaux.

L’attachement des habitants à leur territoire se lit au travers de l’engagement d’un contrat de pays et l’adhésion au programme LEADER porté par un Groupement d’Acteurs Locaux (GAL).

Même si le territoire est sous l’influence directe de Toulouse, il souhaite affirmer ses particularités.

Caractérisation des paysages

  • Un relief adouci et arrondi.
  • Les grandes parcelles des cultures céréalières.
  • Des alignements de platanes comme autant de marqueurs de paysage.
  • Une urbanisation filante d’habitat individuel.
  • Un patrimoine architectural riche.

Couleurs et matières

  • Les verts tendres et le blond des cultures.
  • Le jaune et le gris des tournesols.
  • Les bruns et ocres des sols.
  • Le rouge de la brique et le gris des galets et de la pierre.
Bloc Diag - COLOUVLAU
Les alignements de platanes et l'habitat plus ou moins dispersé
Les paysages de champs mêlés de haies, de ripisylves et de petits bois (depuis l'église de Juzes)
Les vastes étendues cultivées interrompues par les longs alignements de platanes des routes (depuis la RD 79 à Fourquevaux)
Bloc Diag - COLOUVLAU
Les alignements de platanes et l'habitat plus ou moins dispersé
Les paysages de champs mêlés de haies, de ripisylves et de petits bois (depuis l'église de Juzes)
Les vastes étendues cultivées interrompues par les longs alignements de platanes des routes (depuis la RD 79 à Fourquevaux)
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Motifs paysagers - COL
Les châteaux et demeures seigneuriales se dérobent au regard derrière la frondaison de leur parc ; souvent s'y distinguent les pins parasol.
Les retenues collinaires, associant fonctionnalité et loisirs, accompagnées de leur végétation ripicole
Les bâtiments d'exploitation, la mosaïque de cultures, l'habitat isolé sont les motifs paysagers du Lauragais
Les routes, qu'elles soient primaires ou secondaires, se bordent d'arbres, principalement des platanes, véritables lignes structurantes du paysage
Les villages en crête, groupés ou linéaires, accompagnés de leur château d'eau. Au centre l'église pointe sa flèche composant un signal paysager.
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CE QUI FAIT PAYSAGE - LE SOCLE SUPPORT

Sols, relief, eau & végétation​

Identification des caractères physiques de l'unité

  • Géologie
  • Géomorphologie
  • Hydrographie
  • éléments de nature

Le socle géologique des Collines Ouvertes du Lauragais est principalement d’époque tertiaire.

C’est un bassin sédimentaire constitué de molasses provenant de l’érosion des Pyrénées. Les fonds de vallées se sont couverts d’alluvions, d’origine locale, issues du travail d’érosion des versants.

Les limons, arrachés à la molasse par les eaux courantes, ont recouvert les couches d’argile tourbeuse car ces terres, avant d’être occupées par l’homme, étaient des zones marécageuses.

Toute la région est sculptée sur un substratum de marnes et molasses d’âge tertiaire, le plus souvent caché sous des formations alluviales, solifluées ou résiduelles, vraisemblablement exclusivement quaternaire. Les marnes et molasses des versants sont recouverts au Quaternaire par une formation argilo-limoneuse.

Ce sont donc des sols récents.

Les sols bruns argilo-calcaires caractéristiques de ce territoire prennent le nom de terreforts, sols lourds mais fertiles. En effet, le potentiel agronomique des collines lauragaises est très bon voire excellent.

Ces sols molassiques, par leur sensibilité à l’érosion, sont en constante évolution.

En sommet de colline se trouvent les sols squelettiques, superficiels, sur les marnes. Parce que moins fertiles, les villages s’y sont construits.

A contrario en bas de pentes se trouvent les sols profonds, riches plus ou moins décalcifiés, propices à l’agriculture.

Les processus d’érosion et de sédimentation sont à l’origine des reliefs du Lauragais.

La résistance à l’érosion des roches est fondamentale dans la construction du relief du Lauragais : les roches facilement érodables des argiles vont former les dépressions qui deviendront des plaines alluviales tandis que les roches plus dures des calcaires et grès construiront les collines.

Les Collines Ouvertes du Lauragais sont des buttes allongées, leurs ondulations sont douces.

Elles appartiennent au vaste ensemble collinaire dénommé communément le Lauragais, qui se prolonge sur trois autres départements : l’Aude, le Tarn et l’Ariège.

Cet ensemble est coupé par des vallées parallèles dont l’orientation est systématique, du sud-est vers le nord-ouest.

Toutes les vallées sont dissymétriques, sans que l’on distingue bien un sens prédominant dans la dissymétrie ; le plus généralement les versants exposés au sud-est sont abrupts.

Les versants exposés au nord-ouest sont au contraire le plus souvent en pente douce.

Ceci est une particularité du Lauragais, la dissymétrie des vallées dans les autres départements d’Aquitaine étant en général inverse de celle que l’on constate ici.

Finalement, le relief des Collines Ouvertes du Lauragais, à première vue anarchique et désordonné, apparaît au contraire déterminé et orienté sans doute à la fois par des causes climatiques anciennes et des causes structurales.

Le Lauragais est soumis à des influences océaniques et méditerranéennes qui se matérialisent notamment par des pluies printanières abondantes et irrégulières.

Les cours d’eau de cette unité paysagère sont d’ailleurs tous d’un débit pluvial.

Les Collines Ouvertes du Lauragais sont entaillées par des cours d’eau creusant des vallées parallèles et alimentées par un chevelu hydrographique dense de petits ruisseaux.

Ce sont du nord au sud, pour les principaux : la Sausse, la Seillonne, la Saune, la Marcaissonne, la Vendinelle.

Les rivières, affluents de l’Hers Mort, s’écoulent du sud-est vers le nord-ouest, exception faite de la Vendinelle, qui s’écoule du sud vers le nord pour rejoindre le Girou.

Le caractère imperméable des sols molassiques associé au régime des précipitations créent un réseau de ruisseaux perpendiculaires aux vallées principales qui façonnent les collines de cette unité paysagère.

L’eau creuse très rapidement ces sols sensibles à l’érosion et l’eau des Collines Ouvertes du Lauragais se perçoit, s’entend mais ne se voit pas. Elle se devine par les ripisylves ou se révèle depuis les ponts qui franchissent les cours d’eau.
Si elle reste invisible, elle a néanmoins un rôle structurant car c’est elle qui a organisé le territoire, défini les logiques d’implantation des villages et déterminé les types de cultures.

Les rivières ont ici pour la plupart perdu leurs caractères naturels.

L’eau libre a cédé la place à une eau canalisée et régulée soit pour des motifs de protection des habitats riverains soit par la création de retenues collinaires pour l’irrigation des cultures.

Plusieurs de ces retenues collinaires sont devenues l’occasion d’activités de loisirs (Sainte-Foy-d’Aigrefeuille par exemple).

Les cours d’eau traversent des paysages agricoles. Les villages se sont pour la plupart éloignés de leurs rives, préférant une implantation en crête. Seul, Auriac-sur-Vendinelle est traversé par sa rivière éponyme.

L’agriculture intensive a eu pour conséquence la réduction des surfaces boisées et la quasi disparition des haies, talus, fossés, pourtant lieux de biodiversité.

Une campagne de replantation a été engagée à partir de 1988, soutenue par l’association Arbres et Paysages d’Autan.

Les secteurs à enjeux restent encore limités aux fonds de vallons où les ruisseaux sont souvent accompagnés de zones humides et aux coteaux les plus pentus qui abritent bois et pelouses sèches.

La richesse écologique du secteur est liée à cette mosaïque de milieux qui s’opposent : boisement linéaire de bord de cours d’eau, prairie humide, zone marécageuse, boisements et pelouses des coteaux secs, cultures extensives et intensives.

Les coteaux, les sommets et les expositions sud renferment un cortège de pelouses sèches calcaires typiques des zones à influence méditerranéenne.

Dans ces pelouses s’observent de nombreuses espèces végétales rares, parfois protégées :

  • la Leuzée conifère
  • ou le Buplèvre du mont Baldo.

Elles accueillent aussi de beaux ensembles d’orchidées, certaines protégées comme l’Orchis odorant ou l’Orchis papillon.

Le bord direct de certains ruisseaux offre un joli complexe de prairies humides en hiver et mésophiles en été, dotées de nombreuses espèces patrimoniales dont plusieurs sont protégées :

  • la Jacinthe romaine,
  • le Cirse tubéreux,
  • l’Ophioglosse commun.

Enfin, malgré les pratiques intensives de l’agriculture, plusieurs plantes messicoles subsistent : remarquables stations de Nigelle de France (protégée), d’Adonis d’automne, d’Euphorbe en faux (Euphorbia falcata), de Renoncule des champs.

CE QUI FAIT PAYSAGE - LES ACTIONS DE L'HOMME

Activités économiques, infrastructures, bâti & architecture ​

Qualification des marqueurs d'anthropisation du territoire

  • Pratiques et Usages
  • Infrastructures
  • Formes urbaines
  • Caractères architecturaux
  • Patrimoine

L’agriculture

Les Collines Ouvertes du Lauragais ont toujours été une terre d’agriculture. Aujourd’hui encore, l’agriculture est l’économie principale pour ne pas dire exclusive de cette unité paysagère.

Trois cultures ont fait la richesse de ces terres : le blé, le pastel et le maïs. Le blé était cultivé dès l’époque romaine, la voie romaine d’Aquitaine permettant son acheminement vers la méditerranée

La culture du pastel du XIVe au milieu du XVIe siècle est à l’origine d’une prospérité exceptionnelle.

Passé le milieu du XVIe siècle, la culture du blé a remplacé celle du pastel pour connaître un essor important pendant les années 60.

A cette date sont apparues de puissantes coopératives agricoles qui ont imposé la méthode de culture intensive.

Les petites parcelles ont été regroupées pour devenir de grandes parcelles plus adaptées à la culture céréalière et à la mécanisation.

La taille des exploitations est ici supérieure à la moyenne nationale.

Aujourd’hui encore la principale culture est celle du blé dur, du blé tendre puis viennent le tournesol et le colza. Une grande partie de la production céréalière est destinée à l’exportation.

Il n’y a, sur ces terres, pas ou très peu d’activités d’élevage.
Corollaire de cette agriculture intensive, les nombreuses retenues collinaires assurent l’irrigation des cultures.

Aujourd’hui quelques exploitations ont repris la culture du pastel pour une utilisation en cosmétique et en teinture du textile.

Pour sécuriser leurs revenus, plusieurs agriculteurs diversifient leurs pratiques et leurs productions.

Cette diversification passe par le développement de la vente en circuits courts. C’est aussi le moyen de maintenir l’activité agricole et ainsi préserver les paysages.

L’industrie

Les Collines Ouvertes du Lauragais ne sont pas une terre d’industrie. Les seules industries qui pourraient exister seraient celles de l’agroalimentaire.

Mais les entreprises de transformation agroalimentaire sont à la marge de l’unité paysagère, dans l’unité paysagère voisine de la plaine de Revel et dans les départements voisins de l’Aude et du Tarn.

Le tourisme

Le tourisme tient ici une part importante, qu’il soit de loisirs ou culturel.

Dans la même préoccupation des agriculteurs de s’assurer des revenus, le tourisme rural à la ferme se développe.

Le tourisme est aussi sportif. De nombreux itinéraires de randonnée pédestres et cyclistes sillonnent ce pays.

Plusieurs chemins de Grande Randonnée (GR 7 et GR 653) et de Petite Randonnée le parcourent. Les cyclistes ne sont pas en reste profitant de voies vertes et de la vélo-route de Revel à Castres.

Le programme « Plans d’eau et liaisons douces » initié par le PETR du Pays Lauragais s’engage dans la valorisation des lacs à partir des axes vélos.

Certaines retenues collinaires accueillent des activités de loisirs nautiques (Sainte-Foy-d’Aigrefeuille) et leurs berges sont aménagées avec des lieux d’hébergement de loisirs, d’autres permettent la pratique de la pêche (Cambiac, Bourg-Saint-Bernard…).

Le tourisme est culturel. Le Lauragais est un territoire marqué par plusieurs grands épisodes historiques :

  • La croisade des albigeois contre le catharisme.
  • La culture du pastel
  • La construction du canal du midi, même si celui-ci est hors de l’unité paysagère.

De nombreux sites, musées et lieux racontent cette histoire exceptionnelle.

Le catharisme et la culture du pastel ont légué de nombreux témoignages architecturaux.

Il faut citer les nombreuses bastides, les châteaux et églises.

Historiquement, la vocation de l’habitat était dédiée à l’activité agricole.

Grands domaines et bordes se répartissaient sur le territoire.

Les fermes massives ont pour certaines rapidement pris des allures de châteaux.

Hangars et silos inscrivent leurs silhouettes dans les paysages des collines lauragaises.

Si quelques-uns sont monumentaux, beaucoup sont assez discrets.

Il faut cependant noter que cette vocation agricole s’efface au profit d’un habitat résidentiel.

D’autres éléments singuliers marquent les horizons : les châteaux d’eau.

Il existe peu de zones commerciales en périphérie des villages, exception faite des communes aux portes de Toulouse.

Croquis US - COLOUVLAU
Occupation urbaine
En crête les châteaux d'eau
En crête les châteaux d'eau
Habitat isolé et bâtiment d'exploitation
Le village en crête
Les extensions urbaines en périphérie des villages
Champs et habitat
Les plaines alluviales cultivées, les coteaux habités
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L’influence de l’aire toulousaine se lit au travers des axes de déplacement.

Les infrastructures routières

Trois axes majeurs traversent et desservent l’unité paysagère : la RD 112, la RD 826 et la RD 2.

Toutes convergent vers l’agglomération toulousaine et se diffusent au-delà des limites départementales vers l’est et le nord-est.

Le volume de déplacements est à l’image de l’influence qu’exerce l’aire toulousaine.

Ce réseau de voies primaires se double d’un réseau secondaire dense, de routes parfois étroites desservant le moindre village ou hameau et chaque habitation.

Le réseau dense et maillé privilégie les déplacements automobiles individuels, d’autant qu’aucune voie ferrée ne dessert l’unité paysagère.

Installées en crête, à flanc de coteau ou en fond de vallée, les voies primaires ont cependant des gabarits limités.

Très souvent bordées de platanes, elles déroulent de longues portions rectilignes et offrent des vues lointaines sur les paysages de l’unité paysagère.

Elles traversent les agglomérations installées le long de leur axe.

Ces axes rectilignes contredisent un réseau secondaire composé de petites routes sinueuses.

Il faut, en effet, emprunter les routes secondaires pour comprendre et saisir les ondulations du relief.

Les énergies renouvelables

Le potentiel de production est très important sur ce territoire compte tenu du fort taux d’ensoleillement et de vents fréquents.

La production photovoltaïque se concentre au sud-est de l’unité paysagère dans les environs d’Avignonet-Lauragais et de Bélesta-en-Lauragais.

Il faut aussi compter sur l’énergie éolienne qui marque les horizons par les silhouettes dressées et blanches des éoliennes, comme celles de Saint-Félix-Lauragais et d’Avignonet-Lauragais.

L’histoire et la topographie ont déterminé les formes urbaines lauragaises.

La structure originelle des villes et villages est souvent associée aux impératifs de protection et de défense.

La forme urbaine est tout autant celle du village groupé que de l’habitat isolé.

Le contexte géographique a déterminé les formes urbaines.

Le principe urbain du village groupé trouve son origine dans les plans des bastides. Beaucoup de villages se sont construits selon le principe de la bastide, expression du plan de site défensif par excellence.

Bourg-Saint-Bernard, Auriac-sur-Vendinelle, Loubens-Lauragais, Saint-Julia sont de ces villages. D’autres ont des plans plus lâches comme Caraman. Mais tous ont une origine médiévale.

Les villages en fond de vallée sont rares tandis que ceux en crête ou en proue sont fréquents. Ils permettaient ainsi de se défendre mais aussi de laisser libres un maximum de terres à cultiver.

L’implantation en sommet contraint la forme du village qui s’organise autour de son église ou de son château. Il ne répond pas toujours à un plan déterminé ; c’est plus la topographie qui l’organise.

Les maisons de ville ou de village qui les composent, associent un habitat bourgeois à un habitat plus populaire.

La culture du pastel puis celle du blé sont à l’origine de la diffusion de l’habitat implanté alors au plus près des lieux de production.

Conséquence de la richesse générée par ces cultures, la ferme est vite devenue un domaine.

Plusieurs corps de bâtiment composent ainsi un hameau, dont les constructions se regroupent autour d’une petite église paroissiale. Autour de la demeure du propriétaire terrien, des bordes céréalières se dispersent sur leur aire d’exploitation.

L’influence de l’aire toulousaine se lit au travers des nouvelles formes urbaines qui se mettent en place depuis plusieurs années. Comme témoins de cette évolution, l’importance des déplacements pendulaires qui engorgent les axes routiers.

Si la transformation de l’habitat rural isolé en habitat résidentiel s’affiche, l’habitat groupé de type lotissement est la forme la plus répandue. Ces groupements d’habitations couvrent les flancs des collines, parfois sur des surfaces importantes.

Si certains noyaux villageois sont d’époque médiévale, les constructions datent essentiellement du XVIIIe et XIXe siècle.

La construction caractéristique des terres lauragaises est la borde, typologie architecturale du XVIIIe siècle. Long volume unique sous un toit à deux pentes, il regroupe le logement et les locaux d’exploitation.

La façade est presque toujours orientée au sud ou sud-est. Le pignon est ou ouest exposé aux pluies et aux vents est aveugle.

La borde s’installe en crête ou sur un replat réservant ainsi les terres fertiles à l’agriculture.

Le sol argilo-calcaire a fourni la matière pour les briques cuites ou crues constituant le matériau de base des constructions. Les matériaux sont néanmoins déterminés par la géographie.

Les briques sont les plus fréquentes, le galet est utilisé à proximité des rivières et la pierre apparaît en limite est de l’unité paysagère, à proximité de la plaine de Revel.

L’argile a aussi permis la fabrication des tuiles canal qui couvrent l’ensemble des constructions lauragaises.

Le déboisement précoce du Lauragais a limité l’usage du bois dans les constructions. Sa présence rare est d’autant plus remarquable. Il apparaît sur les façades à colombages des maisons les plus anciennes.

Le bois était aussi utilisé pour le bâti rural. Moins onéreux que la brique, il témoigne ainsi d’une certaine pauvreté.

Les briques cuites, plus chères, constituent le matériau essentiel voire exclusif des châteaux et édifices religieux. Celle couramment utilisée est appelée « la foraine ».

Elle présente des qualités physiques, notamment sa résistance à l’érosion. Elle sert à dresser les éléments essentiels à la solidité de la construction et compose les ornements de la façade : génoise, corniche, jours de ventilation des combles, etc.

Selon la provenance de l’argile, la couleur présente quelques variations, du rouge brun à l’orangé.

Souvent enduite, traditionnellement à la chaux, elle est laissée apparente sur les pourtours des ouvertures ou aux angles créant ainsi un effet décoratif.

Certaines constructions sont faites entièrement de briques et d’autres mélangent la brique et le pisé.

Territoire agricole, le hangar et silo sont des éléments communs d’architecture.

La nécessaire fonctionnalité impose l’utilisation de matériaux rudimentaires comme la tôle.

Un effort est pourtant fait quant aux couleurs. Le noir ou le vert sombre contribue à les rendre discrets dans le paysage.

L’histoire et ses grands épisodes ont profondément marqué ces terres.

Que ce soit la Croisade des Albigeois, le catharisme, les guerres de religion ou la Révolution française, toutes ces époques ont modifié et transformé un grand nombre d’édifices et de villages.

Il faut ajouter à ces grands bouleversements, une histoire agricole tout aussi particulière. L’âge d’or du pastel et du blé ont donné aux terres lauragaises une prospérité qui se lit aujourd’hui au travers d’un patrimoine architectural, rural et religieux abondant et diversifié.

Bastides, châteaux, églises, demeures de maîtres, moulins et villages pittoresques racontent l’histoire de ce pays. Comme témoins de ce passé, les édifices classés sont nombreux auxquels il faut ajouter les éléments de petit patrimoine : calvaires, croix, madones, granges…

Les édifices religieux

Terre de religion, chaque village, chaque hameau possède son église, certaines à la taille imposante.

Beaucoup ont été détruites pendant les guerres de religion mais la plupart ont été reconstruites au XVIe siècle.

Les deux grands principes de clochers de la Haute-Garonne sont représentés.

  • Le clocher-tour dont la base est souvent carrée ou octogonale, dresse sa flèche. Il devient un véritable signal dans le paysage : Caraman, Labastide-Beauvoir, Escalquens…
  • Les clochers murs et clochers peigne : élément plat et vertical percé de 2 à 3 ouvertures qui accueillent les cloches.

Le clocher-peigne est une variante du clocher-mur, mur unique percé d’une ou plusieurs baies destinées à accueillir une ou plusieurs cloches.

Ces deux types de clochers sont ceux des églises de Sainte-Agathe et Saint-Julien de Saint-Julia, les deux églises de Lanta, dont celle de Saint-Sernin, isolée sur une butte dominant la vallée de la Saune.

Beaucoup utilisent le style épuré du gothique méridional dont l’église de Bourg-Saint-Bernard en est un bel exemple.

Le style roman est aussi représenté par l’église de Noumerens à Auriac-sur-Vendinelle

Les châteaux & demeures seigneuriales

Ils ont organisé plusieurs villages (Saint-Félix-Lauragais, Caraman, Loubens-Lauragais…). D’autres sont isolés, au plus près des terres de leur domaine de production.

Très souvent ce sont les arbres de leur parc qui les révèlent ; les chênes et les pins parasols s’imposent au regard tout en les dissimulant.

Ce peut être aussi une grille ou un portail ouvragé qui indiquera leur présence.

Ils associent la pierre et la brique, dans des proportions variables selon leur localisation.

Châteaux de Caraman, de Cambiac, de Loubens, de Vallègue, de Montlaur, de Fourquevaux, de Mauremont sont quelques-uns classés mais il faut aussi considérer les demeures seigneuriales.

Le château de Labastide-Beauvoir, dont la construction débute au XIIIe siècle pour s’achever au XVIIIe siècle, en est un bel exemple.

Les bastides et villages

  • Saint-Félix-Lauragais : camp romain à l’origine, la bastide devient une place seigneuriale au Xe siècle organisée autour de son château. Ce château sera détruit au cours de la Croisade des Albigeois. Sur l’emplacement sera reconstruit le château visible de nos jours. De son époque médiévale, Saint-Félix-Lauragais expose ses façades à colombages.
  • Labastide-Beauvoir : de cette bastide, il ne reste que peu de traces. Elle pourrait se rapprocher du modèle quercynois linéaire avec une église située en extrémité de village. Labastide-Beauvoir possède un château dont il faut remarquer les jardins à la française.
  • Loubens-Lauragais : construit sur une motte castrale, Loubens-Lauragais est de ces villages construits autour de leur château, témoignage de la richesse issue du commerce du pastel. Le château actuel s’est bâti au XVIe siècle sur les bases d’un château seigneurial dont il ne reste plus aucune trace aujourd’hui. Les ruelles s’agrémentent des colombages de ses façades.
  • Auriac-sur-Vendinelle : le village marque sa singularité par ses constructions en pierre et son implantation au bord de la Vendinelle. Village du XVe siècle, plusieurs de ses façades se parent d’ornements gothiques. Le clocher carré de son église est une singularité. C’est en fait le donjon de son ancienne forteresse. Sa place centrale est occupée par une halle en bois.
  • Bourg-Saint-Bernard : l’histoire de ce village est empreinte de celle de la croisade des Albigeois ; les huguenots y tinrent un siège. Ce passé est à l’origine d’une fête équestre, la fête du pré de la Fadaise, qui perdure depuis le XIIIe siècle. Son existence remonte à l’époque romaine, et la culture du blé, mais c’est surtout la culture du pastel qui initiera son développement. De nombreux moulins existaient sur son territoire, qu’ils soient pasteliers, à vent ou à eau. Une halle occupait son centre.

Les moulins

Si peu subsistent aujourd’hui, nombreux étaient les moulins au XVIe durant la grande époque du pastel. Ils étaient actionnés par des mulets. Les moulins à eau et à vent étaient aussi nombreux.

Un bel exemple de ce patrimoine existe à Verfeil : le moulin de Nagasse, moulin à eau, qui figure à l’inventaire national des moulins de France.

Certains moulins ont été rénovés et transformés en habitation.

 

Les pigeonniers

Éléments de petit patrimoine, leur silhouette caractéristique est très présente dans le département.

Qu’ils soient isolés ou associés à un corps d’habitations, ils sont de ces marqueurs de paysage identitaires d’un mode de vie.

Bien que moins présents ici que sur d’autres unités paysagères, leur présence nécessite d’être relevée.

 

LES PAYSAGES VÉCUS

Caractérisation des représentations sociales

& des systèmes de valeur associés par les populations à un paysage

Les perceptions sur les paysages ont été recueillies auprès des habitants du département à l’occasion d’une enquête en ligne spécifique.

La synthèse présentée ci-après évoque des lieux et paysages hors de l’unité paysagère, mais cités par ses habitants. Le paysage vécu englobe bien souvent les paysages limitrophes. Les perceptions recueillies auprès des habitants des territoires du département ne peuvent donc être traduites avec la même sectorisation que celle des unités paysagères.

Revel, Cambiac, le Château de Caragoudes, Caraman, la Rigole de la plaine… Autant de lieux emblématiques qui composent le Lauragais.

Et la Montagne Noire, toute proche, avec l’abbaye de Sorèze (département du Tarn), repousse quelque peu les limites territoriales du département pour prendre place dans les représentations partagées des paysages.

« Les monts et vallons, moulins et petits villages perchés, la vue sur les Pyrénées. » (habitant, Saint-Félix-Lauragais).

Toujours présentes, les Pyrénées restent au cœur des lieux emblématiques, tout comme la ville de Toulouse. On évoque aussi le Frontonnais et le Comminges.

Des lieux intimes…

« Verfeil, le lac de la Balerne et le cimetière des Petites filles modèles. » (Habitant, Flourens).

Depuis Saint-Félix-Lauragais, prendre la Rigole à vélo (vers Revel ou vers le canal au choix).

« Les balades à vélo sont tellement agréables en été ou encore l’écluse du Sanglier sur le Canal du Midi. Bel endroit pour respirer et attendre patiemment la manœuvre d’un bateau » (Habitante, Odars).

L’impression d’un paysage quotidien qui n’a pas bougé ces 10 dernières années est la plus partagée. Il semble que cela soit dû en partie à une agriculture encore présente qui maintient les paysages :

« Heureusement, le paysage n’a pas bougé, ça reste rural » (Habitante, Le Faget).

Malgré cela, la majorité des regards pointent du doigt l’artificialisation des sols avec le développement des zones d’activités, un étalement urbain trop rapide qui s’accompagne d’un manque d’aménagement des transports alternatifs (piétons, vélo, transport en commun) et une augmentation forte de la circulation automobile :

« Beaucoup plus de véhicules traversent notre village… C’est l’horreur. Surtout devant l’école…très dangereux. » (Habitante, Beaupuy).
Dynamiques paysagères

Transformations des paysages

marqueurs d'évolution & identification

  • Facteurs d'évolution
  • Transformations identifiées
  • Dynamiques paysagères
  • Enjeux & cibles d'action

L’analyse diachronique permet de révéler les évolutions d’un territoire.

Les Collines Ouvertes du Lauragais, aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, ont toujours été de grands terroirs agricoles : le blé à l’époque romaine puis le pastel du XVe au XVIe siècle et de nouveau le blé.

Aujourd’hui la culture du blé se complète de celle du tournesol notamment.

Les Collines Ouvertes du Lauragais sont faites d’une succession de collines et de vallons. Les cours d’eau s’écoulent du sud-est vers le nord-ouest infléchissant ainsi l’orientation générale de l’unité paysagère.

Les villages se sont installés en sommet libérant les sols cultivables. Au Moyen-Âge, l’habitat se regroupe selon le principe de la bastide. Il est aussi dispersé, avec des fermes au plus près des lieux d’exploitation.

La prospérité de ce territoire, née de sa production agricole, s’exprime au travers de son patrimoine architectural et l’histoire du pastel porte un tourisme culturel.

Lors de parcours et de promenades, l’œil est régulièrement attiré par la silhouette d’un château dont les arbres des parcs signalent la présence. La finesse de leurs décors architecturaux, leurs dimensions sont les révélateurs d’une opulence passée. Beaucoup sont en bon état.

L’agriculture est ici intensive ; elle déroule ses grandes étendues de blé et de tournesol.

Les longs alignements de platanes au bord des routes composent de grands axes structurants.

Les atouts

  • Une agriculture prospère.
  • Un patrimoine riche et diversifié porteur d’un tourisme dynamique, 2ème économie du Lauragais.
  • Des grands alignements de platanes qui embellissent les parcours.
  • Un cadre paysager pour les habitants offrant l’agrément d’une ruralité préservée.
  • Une proximité avec l’aire urbaine toulousaine.
  • Une faible exposition aux risques (sismique, inondations)

Les fragilités

  • Sensibilité forte des sols à l’érosion.
  • Aléa mouvement de terrain fort et susceptibilité par potentialité moyenne aux glissements de terrain.
  • Une cohabitation sans espace de transition entre habitat et cultures.
  • La pression de l’aire urbaine toulousaine pour ses espaces qui en sont proches.

Les politiques d’aménagement et de gestion

Il y a dans la préservation des sites et des paysages des mesures de protection et de gestion. Les protections (site classé, monument historique…) reconnaissent la valeur patrimoniale d’un site, d’un bâtiment et prennent les dispositions pour leur conservation. D’autres espaces sont soumis à réglementation, notamment au sein du réseau Natura 2000. Les projets d’aménagements concernés par ces périmètres font l’objet de dispositions réglementaires spécifiques. Plus largement, en regard des évolutions identifiées, l’atlas formalise les objectifs de préservation et de valorisation de tous les paysages.

A l’exception des périmètres associés aux Monuments Historiques, les Collines Ouvertes du Lauragais bénéficient de peu de périmètres de protection.

Le graphique exprime les dynamiques paysagères et urbaines de l’unité paysagère, entre 1950 et aujourd’hui.

Il rend compte d’une manière synthétique des évolutions ayant un impact sur les paysages de l’unité paysagère.

Le gradient attribué à chaque item est le fruit d’une analyse quantitative, issue d’observations de terrain, d’analyse de données et d’étude de cartographies.

Les dynamiques paysagères entre 1950 et 2021

Les seuls périmètres de protection qui s’appliquent aux Collines Ouvertes du Lauragais sont ceux des édifices classés Monuments Historiques. Les paysages sont en évolution permanente. Les transformations ou mutations peuvent être lentes ou plus rapides voire brutales par anthropisation.

Si l’on considère que l’activité principale des Collines Ouvertes du Lauragais a toujours été l’agriculture, les évolutions de cette unité paysagère semblent modérées.

Cependant la politique de remembrement engagée durant les années 60 pour augmenter la productivité a transformé les paysages. Des éléments de paysage associés à une agriculture extensive ont ainsi disparu : fossés, haies…

La transformation des paysages est plus marquée sur les espaces de l’unité paysagère sous influence de l’aire urbaine toulousaine. L’intensité urbaine de la métropole, c’est à dire sa capacité à être attractive par les services, emplois et espaces qu’elle offre et capter des flux, a ainsi transformé les espaces les plus proches. C’est ainsi que la densité de population augmente sur les communes proches de Toulouse.

Sur des territoires agricoles, certaines évolutions sont plus lentes et se traduisent indirectement sur les paysages. Il s’agit de l’âge des agriculteurs, de la taille des exploitations…

Les Collines Ouvertes du Lauragais affichent :

  • Une baisse du nombre d’exploitations relativement faible, en moyenne de -15%.
  • Une proportion de chef d’exploitation de moins de 40 ans plutôt élevée, 10% en moyenne.

La baisse du nombre d’exploitations et l’augmentation de leur taille est un phénomène qui se poursuit.

Les évolutions des paysages des Collines Ouvertes du Lauragais se marquent :

  • De la disparition du petit parcellaire.
  • De la disparition de la trame bocagère.
  • D’une simplification des cultures avec une majorité de grandes cultures, principalement le blé.
  • D’une diffusion de l’habitat autour des noyaux villageois, plus marquée aux abords de l’aire toulousaine.
  • D’une sensibilité aux changements climatiques.
  • D’une modification du système hydraulique naturel en partie avec la création des retenues collinaires.

Dynamiques urbaines

L’analyse des photographies aériennes entre 1950 et aujourd’hui révèle les conséquences des opérations de remembrement et l’importance de l’évolution de la tâche urbaine.

La densité de population est plus importante dans la partie la plus proche de Toulouse, elle diminue au fur et à mesure que l’on s’en éloigne.

Les engagements du SCoT visent une augmentation de la population de +1,7% pour préserver le dynamisme du territoire tandis que l’évolution naturelle est plus proche des 1,3%.

Ceci laisse présager une augmentation de la tâche urbaine. Le projet de construction d’un axe autoroutier entre Toulouse et Castres rendra encore plus facilement accessible l’unité paysagère dans son ensemble. L’autoroute empruntera la vallée du Girou qui borde au nord l’unité paysagère.

Les extensions urbaines

Ce phénomène est bien plus marqué au nord-ouest, principalement entre Beaupuy / Montrabé et un axe allant de Lanta à Sainte-Foy-d’Aigrefeuille. C’est ici que le processus de consommation des sols est le plus intense. Les extensions urbaines se sont faites selon le principe du lotissement, certains sur de grandes superficies.

Cette forme urbaine est très consommatrice d’espaces non imperméabilisés.

  • Extensions urbaines en forte hausse tandis que l’accueil de nouvelles populations baisse.
  • Consommation des sols marquée à proximité de Toulouse.
  • Densification du maillage viaire.
  • Interface directe entre agriculture et urbain avec absence d’espace tampon.

Évolution des formes urbaines et caractères architecturaux

  • Banalisation des formes architecturales : répétition de constructions neuves sur un modèle identique et étranger aux caractères architecturaux traditionnels : enduits clairs voire blancs, formes carrées avec toit à quatre pans.
  • Transformation de fermes en habitat résidentiel. Réhabilitation en général dans le respect des caractères architecturaux traditionnels.

Dynamiques des milieux NATURELS

  • Perte d’habitats naturels avec la diffusion de l’habitat et des activités, assez modérée.
  • Perte de biodiversité par suppression des haies lors de l’agrandissement des parcelles agricoles. Tendance aujourd’hui inversée avec un retour des haies et le processus de renaturation engagé.
  • Sensibilité au changement climatique et plus particulièrement aux conséquences sur l’agriculture.

Dynamiques agricoles

Le remembrement des années 60 est ici très marqué.

Le relief adouci des collines a permis de grandes parcelles. La conséquence directe a été la disparition des haies et fossés.

Une trame bocagère joue un rôle important dans la gestion des eaux de ruissellement. Aussi sa disparition renforce le processus d’érosion des sols.

Les évolutions portent sur :

  • La simplification des cultures avec une grande part dédiée à la culture du blé.
  • La transformation du système hydraulique naturel avec la création de retenues collinaires.
  • L’augmentation de la taille des exploitations. Ici la majorité des exploitations sont de taille moyenne à grande.
  • La mutation des sols cultivés en zones urbaines.

Depuis 1988, le Conseil Départemental accompagné de l’association Arbres et Paysages d’Autan s’est engagé dans une campagne de replantation des haies.

Dynamiques économiques

Le tourisme

  • Le tourisme est la deuxième activité du Lauragais, pays auquel appartient les Collines Ouvertes du Lauragais, sans induire d’équipements préjudiciables aux paysages.
  • La fréquentation des sites naturels et la reconversion des retenues collinaires en espaces de loisirs.

Les infrastructures de déplacement et énergétiques

Il faudra considérer la création de l’autoroute Toulouse/Castres qui rapprochera certains villages comme Caraman ou Vendine de Toulouse.

Plusieurs zones ont été identifiées comme favorables au photovoltaïque. En 2019, un seul projet est en service à Belesta-en-Lauragais à l’extrémité sud-est de l’unité paysagère.

En 1990, mise en service du parc éolien de Saint-Félix-de-Lauragais ; projet de renforcement avec 5 machines supplémentaires de 150 m de haut au lieu des 100 m actuels.

Des ateliers territoriaux participatifs ont été l’occasion d’écouter les habitants et de recueillir leurs souhaits d’évolution de leurs paysages du quotidien sous 20 ans. Débattues au cours des ateliers, ces attentes constituent des cibles d’action.

Agriculture

  • Revenir à la polyculture.
  • Se servir de l’agriculture pour limiter l’artificialisation des sols.
  • Développer une agriculture de proximité et des circuits courts.
  • Réfléchir à mieux intégrer le bâti agricole.
  • Entretenir les retenues collinaires.

Milieux naturels

  • Poursuivre la replantation du bocage.
  • Renaturer les cours d’eau et entretenir les ripisylves.
  • Maintenir les paysages ouverts.
  • Préserver les arbres des routes.

Infrastructures

  • Développer les modes doux de déplacements.
  • Encadrer le développement des énergies renouvelables, surtout l’éolien.
  • Encourager l’enfouissement des lignes HT.
  • Entretenir les routes secondaires .
  • Concilier tourisme et préservation des sites : équipements de qualité et bien intégrés.

Villages

  • Préserver l’architecture et la forme des villages.
  • Mutualiser les équipements, les services et les infrastructures entre les villages.
  • Lutter contre l’uniformisation des habitats pavillonnaires.
  • Qualifier les entrées de ville.
  • Limiter les enseignes et les panneaux publicitaires.
  • Préserver les commerces de proximité des villages.

Urbain

  • Favoriser une architecture locale mais qui peut être contemporaine.
  • Limiter la taille des lotissements.
  • Restaurer l’habitat ancien.
  • Encadrer les nouvelles constructions et leur insertion dans le site.
  • S’assurer que les caractères des nouvelles constructions soient en harmonie avec l’identité locale.
Bloc Diag - COL
Les extensions urbaines, habitat et activités
Des nouvelles formes urbaines cohérentes avec l'existant et la topographie pour assurer l'insertion dans le site et limiter la consommation des sols. Rapport orientation et implantation si possible maximale afin de limiter les terrassements
Des extensions urbaines agglomérées pour limiter la consommation des terres agricoles
Respect des caractères architecturaux locaux et autoriser leurs réinterprétations
Surface des lotissements modérées, principe des grands lotissements à éviter
Les espaces de nature et les cours d'eau
Les grands alignements d'arbres des routes préservés et replantés si abattus
Haies bocagères et bosquets entretenus, replantés si disparus
Des retenues collinaires préservées et requalifiées en espaces de loisirs si inutilisées
Des espaces de transition à trouver entre cultures et habitat
Les villages et les centres historiques
Maintien d'un cœur de village convivial et dynamique avec ses commerces de proximité pour éviter leur désertification
Valorisation du patrimoine classé et ordinaire, accompagnée de mesures pour l'accueil des visiteurs pour maintenir un territoire vivant
Préservation de la forme et la silhouette du village
Entretien et restauration de l'habitat ancien et traditionnel avec accompagnement de la mutation d'usage (agricole/résidentiel)
Flux et circulations organisés pour limiter la place des véhicules en centre bourg et prioriser le piéton

L'agriculture

Une diversité des cultures encouragée
Un patrimoine agricole entretenu pour mémoire des pratiques agricoles traditionnelles
Des nouveaux bâtiments d'exploitation soignés
Des motifs paysagers (haies et arbres isolés) entretenus et préservés

Les activités et infrastructures

Réflexion sur le développement et l'implantation des énergies renouvelables (solaire et éolien)
Vigilance à avoir sur les zones d'activités et commerciales en entrée de ville
Tourisme à soutenir pour la découverte du patrimoine architectural et l'histoire des terres lauragaises
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Carte d'identité

Données administratives & démographiques

Identité administrative de l'unité paysagère

67

hab/km²

39052

habitants

Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) concernés

Communauté d’agglomération du Sicoval
Communauté de communes des Coteaux Bellevue
Communauté de communes des Coteaux du Girou
Communauté de communes Lauragais Revel Sorezois
Communauté de communes Terres du Lauragais
Toulouse Métropole

58 communes

Aigrefeuille
Albiac
Auriac-sur-Vendinelle
Aurin
Beaupuy
Beauville
Bélesta-en-Lauragais
Bourg-Saint-Bernard
Cambiac
Caragoudes
Caraman
Cessales
Drémil-Lafage
Falga
Folcarde

Fourquevaux
Francarville
Gauré
Juzes
La Salvetat-Lauragais
Labastide-Beauvoir
Lanta
Lavalette
Le Cabanial
Le Faget
Loubens-Lauragais
Lux
Mascarville
Mauremont
Maurens

Maureville
Mondouzil
Mons
Montgaillard-Lauragais
Montrabé
Mourvilles-Basses
Mourvilles-Hautes
Odars
Pin-Balma
Préserville
Prunet
Rieumajou
Sainte-Foy-d’Aigrefeuille
Saint-Félix-Lauragais

Saint-Germier
Saint-Julia
Saint-Pierre-de-Lages
Saint-Vincent
Saussens
Ségreville
Tarabel
Toutens
Trébons-sur-la-Grasse
Vallègue
Vallesvilles
Varennes
Vaux
Vendine

Partiellement : Auzielle – Avignonet-Lauragais – Balma – Baziège – Belberaud – Castelmaurou – Escalquens – Flourens – Gragnague – Lauzerville – L’Union – Montégut-Lauragais – Montlaur – Montpitol – Nogaret – Quint-Fonsegrives – Rouffiac-Tolosan – Roumens – Saint-Jean-Lherm – Saint-Marcel-Paulel – Saint-Pierre – Verfeil – Villefranche-de-Lauragais – Villenouvelle.